XX AVANT-PROPOS LITTÉRAIRE
courier, homages, maraine, trufes, alons..…. Cette pratique est régulière dans les verbes en onner. Eugénie n'appuie pas sur les nasales, bien qu'elle soit méridionale : doner, emprisoner, éloner, pardonner, sermoner, soner... aneaux, Ccolone, maronier, patrone.…..
Volontiers, elle unit en un seul mot certaines locutions conjonctives ou adverbiales : aprésent, aumoins, dequoi, dumoins, dutout, parceque...
Elle en sépare d’autres, qui sont unies aujourd'hui, et écrit ordinairement : bien tôt, bon jour, bon soir, long temps, un mal entendu, n'a guère, quelques fois, des sangs sues.
Elle omet souvent l’apostrophe, le trait d'union, l'accent crave et l'accent circonflexe : dabord, daccord, quil, quelle. ou (adverbe), fenetre, ame... dis moi, rappelle mot.
Telles sont les principales remarques que nous avons faites sur le lexique et la grammaire d'Eugénie de Guérin, soit en lisant ses nombreux manuscrits, soit en les recopiant et en les publiant. Nous n'insisterons pas davantage. Il v aurait mauvaise grâce à le faire. Qu'il nous suffise de déclarer encore une fois qu'en adoptant l'orthographe actuelle nous avons eu seulement pour but de rendre service aux nombreux amis des Guérin et de leur faciliter la lecture des textes aimés.
C'est dans la même intention que nous avons établi des paragraphes là où il n°4 en avait point. L'épistolière peu fortunée du Cavla n'en mettait presque aucun pour mieux remplir sa lettre et pour ne pas être obligée d'ajouter une feuille de plus, ce qui aurait augmenté les frais de port de ses envois si onéreux pour sa modeste bourse. Les paragraphes font pour ainsi dire circuler de Pair dans les textes, reposent la vue et satisfont l'esprit, quand ils sont rationnels.
Enfin, toujours en vue du lecteur, il nous à paru nécessaire d'ajouter des notes concises pour mieux éclairer ces pages. Rien n'est fastidieux comme de lire un texte déjà ancien, surtout un texte de correspondance, sans le moindre commentaire. On se heurte sans cesse à des personnages inconnus, à des habitudes qui ne sont plus les nôtres. Toute publication de correspondance exige, pour que sa lecture soit comprise et goûtée, que l'éditeur ait pris le soin de faire connaître ou de rappeler les circonstances dans lesquelles les lettres ont été écrites, la vie du destinataire, les faits historiques auxquels ils est fait allusion. Sans cela, le lecteur comprend mal ou même ne com-