‹ Eugénie de Guérin: Lettres à son frère MauriceChapitre 14 sur 46 · SIGLES ET ABRÉVIATIONS · texte numérisé non relu

SIGLES ET ABRÉVIATIONS

[de] = mot ajouté pour le sens ou parce qu'il a été emporté par la rupture du cachet.

[je dois] = mot ou passages supprimés par les éditeurs précédents.

T * oulouse *. Les mots et les passages entre astérisques sont ralurés dans le manuscrit. Quand les passages sont importants, les astérisques se poursuivent au début de chaque ligne.

N. B. — On trouvera en note les variantes et les premières rédactions.

« De ma table à écrire, je vois le ciel et de temps en temps je le regarde et le consulle, et il me semble qu'un ange me dicte. D'où me peuvent venir, en effet, que d'en haut tant de choses tendres, élevées, douces, vraies, pures, dont mon cœur s'emplit quand je te parle? Oui, Dieu ne les donne, et je Le les envoie.

Puisse ma lettre te faire du bien! »

(Journal d'Eugénie, 24 mai 1835.)

A Monsieur Maurice de Guérin.

Quoique je taie écrit depuis peu (1), je ne veux pas manquer l’occasion que m'en offre Armand d'Huteau pour répondre à la lettre du 21 de ce mois.

C'est avec le plus grand plaisir que je vois que tu es content et satisfait dans la nouvelle région que tu habites (2): pour la nôtre, nous y sommes aussi contents qu'on puisse l'être parmi les boues, la pluie et séparés de loi. Oui, quoique tu t'avises de nous faire des reproches, j'ose dire au Seigneur Nélé (3), que nous nous occupons assez souvent de lui et que nous l’aimons assez pour être épargnés de sa foudre. Adieu, bonjour ou bonsoir, suivant l’heureux moment où {u pourras me lire.

Tu nous a laissés dépositaires de beaucoup de livres dont nous ne savons que faire; dis-nous dans {a première à qui ils appartiennent.

Si tu pouvais porter la vieille soutane (4) chaque jour pour l’user avant de faire une redingote, tu épargnerais cette dépense au moins pour cet hiver.

Dis-nous encore si lu as assez de bas et de chemises, parce que nous en avons que nous le ferions parvenir à la première commodité (5).

Lettre 1. — 30 octobre 1824. — Aulographe inédit, Communiqué par Mme là baronne Edmond de Rivières.

(1) Cette lettre d'Eugénie ne s'est pas retrouvée. Elle était du 6 octobre et fut portée à Paris, en même lemps qu'une lettre du père de Maurice, par Gaston de Cossigny, garde du corps.

(2) À Paris, au collège Stanislas. Maurice venait d’y rentrer au début d’octobre. Il y faisait la quatrième.

(3) Surnom familier donné à Maurice par ses sœurs. |

(4) Maurice de Guérin avait été destiné par sa famille à l’état ecclésiastique. Il avait mis la soutane (avril 1822) à 12 ans, peu après sa rentrée au petit sémimaire de Toulouse. C'était la règle dans cette maison. Mais, comme à Stanislas personne d'aussi jeune ne portait l’habit ecclésiastique, ses parents lui permirent de reprendre le costume civil. |

(5) Le plus souvent possible, les Guérin se servaient d'occasions pour leurs correspondances. [ls n'étaient pas riches; une lettre pour Paris coûlait au moins un franc.

{ 30 octobre 1824

Adieu encore; si j'osais, je te dirais comme Henri IV : « Je t'aime à tort et à travers. »

Au Cayla, le 30 8° 1824.

[P.-S. de Marie]. Je n'ai qu'un instant, mon cher Maurice, pour l'écrire. J'aurais bien désiré le faire un peu plus longuement, mais le temps me manque et j'en suis bien contrariée, mais que dire à un Nété qui est à Paris, moi qui suis dans un désert, que (6) je l'aime bien et ne l’oublie pas ?

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