R B NE IR EE ORE + 1BB B R
dans laquelle R — couleur rouge et B — couleur blanche.
Il y a en conséquence disjonction progressive des caractères blanc et rouge, ce qui explique que les pois blancs qui ne possèdent que le caractère récessif donneront toujours entre eux des pois blancs, Dans les expériences précédentes, les deux couleurs sont dites « Caractères Mendéliens », parce qu’ils suivent les lois de Mendel. Parmi ces caractères les uns sont appelés caractères dominants parce que par leur simple présence ils empêchent d’autres caractères dits « récessifs » de se manifester, malgré que ces caractères récessifs ne soient ni absorbés ni détruits, puisqu'ils peuvent réapparaître dès que les gamètes ou les cellules sexuelles ne possèdent plus les caractères dominants correspondants.
Pourquoi un caractère est-il dominant ? Personne, jusqu’à présent, n’a pu l'expliquer. Il y a beaucoup d’hypothèses, dont pas une n’a pu être vérifiée. A noter cependant que Morgan a pu localiser les caractères mendéliens dans les petits corpuscules, très colorables, qui
jouent un certain rôle dans la division cellulaire et qu'on appelle « Chromosomes ». Tous les caractères des espèces végétales et animales admettent beaucoup d’exceptions aux lois de Mendel, comme l’a montré F. Le Dantec. Ces lois ne s'appliquent guère qu'aux détails d'ornement extérieurs, couleurs des différents organes, par exemple, mais moins précisément (ou plutôt plus difficilement analysable) aux structures profondes et essentielles. D’ailleurs, les proportions dans lesquelles se répartissent chez les descendants les caractères mendéliens sont loin d’avoir la rigueur que laisse supposer l'étude à ce point de vue des pois, des souris, etc., et ne sont qu’approximativement vérifées chez un grand nombre de sujets. Elles ne se montrent jamais les mêmes, mais oscillent seulement autour d’une moyenne qui par elle-même n'existe réellement pas.
Nous pouvons donc conclure, d’après ces faits exposés que :
1° L’hérédité se transmet par des caracières individuels, appelés encore « gènes », localisés dans les chromosomes.
2° Ces caractères se transmettent plus ou moins individuellement.
Mais nous devons admettre, d'après des expériences plus récentes, qu’ils peuvent combiner leur action, former des groupes plus ou moins solidaires où au contraire exercer une action contrecarrante les uns sur les autres.
Nous voyons donc de suite les difficultés qu’il ÿ aura de tirer quelque profit de ces lois pour la race humaine. Mais même si nous admettons que ces lois soient entièrement valables pour l’homme, nous ne sortirons pas pour si peu des difficultés, Nous avons vu que dans les 75 % rouges de la première génération, dont les parents ne se distinguaient que par un seul caractère, la couleur, on
devait en supposer deux sortes, sans qu’on puisse les distinguer de prime abord, une qui ne renfermait pas de caractères récessifs et qui formait 25 % du groupe, ei une autre, qui sous la couleur dominante rouge renfermait le caractère récessif blanc ct qui formait les deux tiers de la couleur rouge. Imaginons maintenant les difficultés qu'il y aurait pour nous de prévoir la descendance d’un homme et d’une femme, qui renferment, tous les deux, des milliers de caractères distinctifs. Pensons aussi aux milliers de variations possibles que ces milliers de caractères peuvent donner dans leurs combinaisons. Un caractère récessif peut apparaître ou disparaître suivant la présence ou l’absence d’un caractère correspondant dominant.
Reste à élucider la grande question sur la transmissibilité des caractères acquis. Il s’agit de savoir si en arrivant à perfectionner certaines qualités d’un individu, ce perfectionnement se transmettra à sa descendance ou bien restera passager, limité à l’individu. Ce problème a été depuis un demi-siècle l’objet de controverses et de recherches très importantes. ‘
Lamarck dans sa « Philosophie zoologique » (1809) expliquait toute l’évolution des espèces par l’hérédité des caractères acquis. Darwin, sans insister autant sur ce mécanisme, ne le niait pas non plus. C’est seulement Aug. Weismann qui, en 1885, par une critique précise combattait cette théorie et la remplaçait par des explications théoriques nouvelles.
Les recherches ultérieures faites pour combattre les arguments de Weismann, et pour démontrer la transmission des caractères acquis n’ont pas comporté des résultats convaincants, Les propriétés constitutionnelles (génotypiques) ne sont pas modifiées, de façon appréciable, par l’action des différents facteurs du milieu extérieur (Caullery). Serait-ce parce que l’homme ne peut jamais, dans ses expériences, imiter complètement la
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nature? Mais il faut faire une réserve pour le rôle que les actions du milieu ont pu jouer dans le passé, au cours de certaines périodes de l’histoire de divers organismes; il est bien difficile, en dehors de toute hérédité des caractères acquis, de comprendre la plupart de faits incontestables d'adaptation.
La théorie des mutations spontanées, que certaines expériences semblent justifier, ne saurait pas nous contenter dans ce sens parce qu’il faudrait alors admettre, pour expliquer lPexisience d’une grande race que ces mutations soient apparues spontanément sur un grand nombre de sujets, parce que la descendance de la race humaine à partir d’un seul homme préhistorique (chez qui les caractères des hommes d’aujourd’hui seraient apparus spontanément) n’est pas admise.
On se demande pourquoi alors de telles mutations spontanées, qui étaient dans le passé capables de constituer une race nouvelle, n’apparaissent plus aujourd’hui ?
La théorie si vague encore de la mutation spontanée sert aujourd’hui de justification de la stérilisation pour des tares, ces tares étant considérées comme des mutations indésirables, héréditairement transmissibles (K. H. Baur: Rassenhygiene).
De l’autre côté pour expliquer les difficultés d’apparition et de constatation des caractères acquis chez les descendants. Rich. Semon a émis la théorie des <engrammes», qui sont des traces encore invisibles, imprimées au potentiel héréditaire par le milieu et qui vont se renforçant à travers des générations soumises au même milieu pour devenir des « mnèmes » qui, elles, sont déjà visibles.