CÉLESTINE, M~ ORANGER, M~ LA- ROCHE
M ' * Granger vient de la porte h gauche.
M m * GRANGE*. Eli ! bonjour, lua chère Angélique !.. ( Elles s’embrassent.) Eu vérité, l’air de laNorntandie te fait du bien:., je te trouve rajeunie.
célestIne. C'est ce que j'ai dit à maman.
*'"* LAROCHE. En province on mène une vie si tranquille... les émotions sont si rares... on n’use pas sa santé comme à Paris.
oranger. Oui, mais maintenant que tu y es, à Paris, tu ne nous quitteras pas desitAt...
M“* LAROCHE. Vous savez, ma soeur, ce
qui m’y amène l'entêtement de ma
611e !.. il n’y a pas moyen de lui faire entendre raison.
CÉLESTINE, avec douceur. Allons, maman, ne cherchez pas à tourner contre moi l'esprit de ma tante. ■ . elle sait tous mes secrets; je lui ai confié mes sentiment... elle les approuve.... ma tante a questionné M. Bernard. \... elle a pris les informations les plus minutieuses sur sa conduite, et partout elle a entendu faire son éloge.
R r * c oranger. C’est vrai, ma sœur
moi aussi je m’intéresse au bonheur de tette chère enfant... je ne souffrirai point qu’on la sacrifie... mais je ne pense pas que l’on puisse trouver à redire i son choix. Ce AI. Bernard appartient k une famille d’honnêtes gens; il a un assez bel établissement au Palais-Royal, mille écus de loyer, j’ai vu les quittances; il a du bien à lui revenir du côté de sa mère, qui vit encore... cn6n c’est un brave garçon qui m'a paru fort aimable, fort gai... et il faut bien que nos filles se marient un peu
pour elles Quand nous étions jeunes,
nous avçus épousé des jeunes gens.
H*" LAROCHE, toujours aoec sécheresse.
Vous, ma sœur... mais AI. Laroche a toujours eu cinquante ans pour moi... il n’était pas plus jeune quand je l’ai épousé que quand je l'ai perdu... Enfin vous le voulez toutes les deux... il fautse rendre... et consentir... dans le fond je n’at rien à objecter contre ce M. Eugène Bernard, sinon que j’aurais préféré... un négociant, un propriétaire.
Cclntinc |..-uw an nyln ti et va mlnnwr sa mère
CÉLESTINE. Oh ! maman, que vous êtes bonne !.... et que je vous aime !... votre refus m’aurait fait bien de la peine.
H ” 11 LAROCHE. Mais souvieus-loi d'une chose... si lu n'es pas heureuse dans ton ménage, ne t'en prends qu'à toi seule... et ne viens pas te plaindre. . . je ne t’écouterais pas...
Célestine. Desplaiules!... moi!... jamais !
n“* LAROCHE. Nous verrons.
H'*’ ORANGER. Célestine?
Célestine. Ala tante? ,
M’” oranger Fais-moi le plaisir’d’allerà la pension de ta cousine... tu prieras M"“ Duchesne de la laisser venir avec loi... j’ai k lui parler.
CÉLESTINE. Oui, ma tante. ( A m mire.) Maman, je vais faire dire à AI. Bernait!
que vous êtes arrivée... je veux qu’il reçoive de vous-uième le consentement à
notre bonheur je suis sûre qu’il vous
aimera comme un fils.
Elle sort avec galle.