EULALIE CHANGER
ÉTIENNE. Félicite prétend que sa mai- t trcsu* ne s’est pas couchée, et qu’elle a Ç3'sé une grande partie de la nuit à écrire; ce matin madame lui a remis une lettré... que voici.
LE baron. lion ; servez-moi avec le le meme dévouement, et la récompense ne se fera jamais attendre. Que l’exemple de Julien soit une leçon pour vous. C'était nn bon serviteur; mais il a voulu raisonner .. prendre le parti de madame... et je l’ai chassé. [Dubreuil hausse 1rs épaules.) Aller... (Dh qur le domestique est partie il /M'adresse.) A madame, madameBernard.
U so met en devoir île dt-cacheler 1 a lettre.
IH RU EL il. llonçay, que fais-tu là ?
LE BAltO^i , irisant le, ctuhet. Tu le vois !...
dubreuil. Violer le secret d’une lettre!
lh baron. Une femme ne doit pas avoir de s« cret pour son mari.
Di nu eu il. Voilà le cabinet noir qui fait son Jour de France.
LE baron, parcourant des yeux. Comtiiiiit donc!... on envie le bonheur de sa cousine, l'heureuse liberté que lui procure la confiance d’un mari qui l’aiine... on se plaint de sou isolement, de la privation de toute espèce de société... on n’en avait jatnaîs tant écrit.
U met U lettre dans sa poche.
dubreuil. Tu ne vas chez personne ?
le baron. Non ; et j’ai fermé ma porte à tout le monde sans exception* dubreuil. Voilà une petite femme qui mène une vie bien agréable !
LE baron. Et la mienuc?
dubreuil. Ta jeunesse, à toi, s’est écou lée au milieu des plaisirs de toute espèce ;
U jeunesse a été joyeuse et dissipée : à vingt -cinq tu taisais une guerre acu^p aux beautés d’ Allemagne et d'Italie... tu te moquais des maris et du mariage... et maintenant le vieillard voudrait que l'on respectât les choses dont le jeune homme s’est moque... il craiut les représailles... il est jaloux, inquiet!...
LE baron. Oui; mais ce qui le console, c’est qu’il ue souffre pas seul...
DUBREUIL. Beau motif de consolation!
le baron. Et qu'il ne souffrira pas long-temps.
dubreuil. Tant mieux , si cela doit abréger la souffrance des autres.
le BAnoN. J'ai vendu tout ce que je possédais en France... il ne me reste plus que cette manufacture, pour laquelle je suis en marché avec la maison Scaff de Mulhouse.
dubreuil, lisant. « Monsieur , en ré- » ponse à U vôtre du 5 courant, laquelle *» nous donne avis que votre intention est » de trouver acquéreur pour votre fabri- « que de Saint-Quentin, nous avons l’hon-
* neur de vous informer que nous vous ex - » pédions un de nos associés, à l'effet de
* prendre connaissance de l’immeuble et » de sou matériel ; il a nos pouvoirs pour » traiter avec vous du prix et des condi- » tions, etc., etc. »
Il lui rend la lettre.
LE baron. L’associé de M. Scaff est en retaid, mais dès qu’il arrivera le marché sera bientôt conclu, car je serai très-accommodant... je place mon argent en viager.
Di BREUlL Dépouiller ta femme!
LE n\RON. Ma fortune m’appartient...
fuit pis pour ceux qui auront spéculé sur elle! Je pars... j’emmène madame... où?., personne ne le saura... et une fois que je serai en pays étranger... j’agirai à ma fantaisie ; comme elle se conduira... je me conduirai... personne, au moins, Deviendra se placer entre elle et moi.
Di RRi-UiL. Mais il y a de la folie , de la méchanceté dans ce projet-là.