‹ Eulalie ou le grec sans larmesChapitre 104 sur 133 · ONZIEME LETTRE · texte numérisé non relu

ONZIEME LETTRE

Ma chère Eulalie,

Voici quelques mots que Socrate dit au bel Alcibiade dans le dialogue de Platon intitulé le Banquet :

Eirep ἀληθη Tuyyaver ὀντα ἃ λεγεις περι ἐμου καὶ τις ἐστ᾽ ἐν ἐμοι δυναμις δι ἧς ἀν συ VEVOLO ἀμείνων, ἀμηχανον τοῦ KaNNOS ὅρῳφης ἀν ἐν OL καὶ της παρα σοι εὐμορφίας παμπολὺ διαφερον.ἷ

Je vais vous expliquer en détail cette phrase, qui vous révèlera deux règles importantes de la syntaxe grecque.

Eirep, la conjonction εἰ renforcée par περ: si vraiment. ᾿Αληθη, pluriel neutre de ἀληθης, vrai (contraction pour ἀληθεα). Τυγχανει, 3ème p. sing. de l’ind. présent de τυγχανω, je me trouve. (C’est un mot très usité en grec, qui implique l’idée d’une rencontre, d’un hasard. A l’aoriste 2 éruyoy appartient le participe ruyov ; 6 τυχων signifie le premier venu ; oi τυχοντες, le vulgaire ; ἀν οὕτω

1 Platon, Banquet, p. 218.

Page 1