DEUXIÈME LETTRE
Il faut que je vous enseigne d’abord, chère Eulalie, ce qu’on entend par décliner ; faute de le bien comprendre, vous ne comprendriez plus rien du tout.
Nous disons en français : “le livre de Paul ; je parle ἃ Paul; j'aime Paul;” c’est toujours le même mot Paul, précédé ou non d’une préposition.
Mais, en grec comme en latin, on n’emploie pas les prépositions de cette manière ; on change la terminaison de Paul. Ainsi, Paul se disant en grec Paulos, “le livre de Paul” c’est “le livre Paulou” ; “je parle à Paul” se dit “je parle Paulô(i) ;” “ j'aime Paul” se dit “ j'aime Paulon.” Modifier ainsi la fin d’un nom, suivant la relation qu'on exprime avec un autre mot, s'appelle le décliner.
Non seulement, en grec, on décline différemment un nom au singulier et au pluriel, mais il y a une déclinaison spéciale pour le duel, c’est-à-dire quand on parle de deux objets seulement. Et non