TROIS VERS DE SOPHOCLE
Toy, accusatif de l’article : le. Tour, sûrement. Ἔμον, accusatif, mien. Και, et. Toy σον, accusatifs, Le tien. Ἢν pour ἐαν, 81. Συ, tu. Μη, négation, ne pas. Θελῃς, 2ème personne du subjonctif de θελω, je veux, signifiant si bu ne veux pas. ᾿Αδελῴον, accusatif d’ ἀδελφός, frère, (d’où Philadelphe ‘‘ aimant son frère ou sa sœur,” surnom d'un Ptolémée, roi grec d'Égypte). Où, négation. Tap en effet. An, certes. Ilpodovo pour προδουσα (élision), participe passé féminin de προδιδωμι, je trahis, signifiant ayant trahi, “Αλωσομαι, futur du verbe ἅλισκομαι, signifiant étre pris. Nous disons : ‘On ne me prendra pas à me contredire.”
LirrrÉRALEMENT : “Certes le mien et le tien, même si tu ne veux pas, frère. (Car je ne serai pas prise ayant trahi.”
Ex Français (un peu libre pour la clarté):
Oui, 1 Je be de l’ensevelir, car il est mon frère et le tien, même si tu l’oublies ; jamais je ne me rendrai coupable d’une trahison envers lui.”
| Je vous ai cité ces beaux vers 2ambiques non seulement parce qu'on y trouve des exemples des formes σῴφε, τον, ἐμὸν, σον, av, que je viens de vous enseigner, mais parce que leur obscurité, assez grande au premier abord, est instructive. Le grec est souvent d’une concision que les langues modernes ne peuvent atteindre. Les petits mots, qui ont plus de force qu’en français, guident
δῷ SIGNIFICATION DES PETITS MOTS
l'intelligence du texte. Ainsi, au premier vers, 7 yap signifie: “ Est-ce que en effet, comme tes paroles me le donnent à croire. ..?”? Au second vers, your est énergique et veut dire:” Ce qui est sûr, c’est que...” Au troisième vers, yap marque la suite logique de la pensée d’Antigone : “ C’est notre frère, je nracquitterai de mon devoir envers lui, car Je ne VEUX pas qu'on puisse m’accuser jamais d'y avoir manqué.”
Il y a, dans les tragédies grecques, de longs dialogues où chaque personnage dit à son tour un seul vers plein de sens ; ces vers s’entrechoqüent comme des épées. Corneille à imité cela, mais dans une langue moins souple ; même le latin s’y prête moins que le grec.
Quand on ne comprend pas un texte grec, c'est souvent faute de faire attention à la force de chaque mot et surtout à celle des particules, qui ne sont jamais insignifiantes dans les bons auteurs.
Revenons à nos pronoms.
* Cp ΝΣ
Les pronoms démonstratifs sont οὗτος, fém.
aÿTn, neutre τοῦτο, signifiant celui-ci ; : δε, ἧδε, τοδε, qui a le même sens; ἐκεινος, ἐκείνη, ἐκεῖνο, signifiant celui-là.