‹ Eulalie Pontois drame en cinq actes, precede d'un prologueChapitre 25 sur 91 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

CACEROT.

Comment, vous voilà?

CORNÉLIB.

Sans compter qu’il me faut poser pour le dos de la comtesse de Sivry.

GAGEROT.

Bah! celle qui est bossue. *'

Pour le grand cou de lady Clarendon et pour le buste de la petite baronne de Mesnay.

PAUL

La petite baronne... (Faisant un geste sur sa poi- . trine.) qui est si maigre, si...

CORNÉLIE

Et qu’est-ce que ça fait... Est-ce que je ne suis pas là, moi!...

LAVIGNAN.'

C’est bon ! c’est bon ! tu n’as pas besoin de crier ça par dessus les moulins.

CORNÉLIE

Laisse-moi donc tranquille. Avec ça que je les chéris, toutes les pimbêches qui ne me diraient pas un mot aimable, à moi qui me tue le corps et l’àme à poser pour elles, et qui te cajolent au jour la journée pour que tu leur fasses des tailles de guimpe, des bouches en cœur et des yeux fondus en amande...

LAVIGNAN.

Des tailles des guêpe... et des yeux.

CORNÉLIE

Ah ça I qu’est-ce qu'il marronne donc toujours...

PAUL

Il dit des tailles de guêpe...

CORNÉLIE

Ah bah I... est-ce que vous allez vous en mêler aussi de me remontrer ma langue... Avec ça qu’il est si fort sur la surtaxe, ce cher Paul, qu’un jour il m’a écrit: «Je t’attends ma chère ûme... au lieu de ma chère amie! »

LAVIGNAN.

Madame Lavignan...

CORNÉLIE

Eh ben!... après...

LAVIGNAN.

Comment après... Après.

CORNÉLIE

Non c’était avant... tu as raison.

lavignan.

Avant ou après... Je vous prie d’être moins communicative de votre passé....

CORNÉLIE

Je sais bien... qu’il en est de ça comme lorsque je te parle de ma mère...

lavignan.

Ta mère... Ah çni tu as donc envie de me faire tourner en...

r CORNÉLIE.

Achève... bourique, mon chéri...

(Ils se parlent bas.)

dennbvillb. à Paul.

Ah ça I est-ce que nous n'aurons pas une représentation de la mère aussi...

PAUL

Impossible, on la lient sous cloche en province.

LAVIGNAN, bas.

En v’ià assez, assez comme ça.

CORNÉLIE

Assez, n’est pas trop...

LAVIGNAN.

Madame Lavignan.

CORNÉLIB.

Monsieur Dubois...

PAUL

Chut I... ou le déjeûner passera en querelle...

DEXNEVILLE.

Je conçois, madame, que cela vous ennuie de poser ainsi. Mais vous devez être bien Gère lorsque l'on entre dans cet atelier, d’entendre les éloges...

PAUL

Tu t’enfonces.

CORNÉLIE

Vous n’y êtes pas, roousieur, et je ne suis pour rien dans toutes ces figures-là.

DENNE VILLE

Comment I ces tableaux...

LAVIGNAN.

Ne sont pas de moi... et cet atelier n’est pas mon domaine.

GAQEROT.

Bah!...

LAVIGNAN.

C’est celui d’un ami qui me l’a prêté pendant un voyage en Suisse, et qui, depuis son retour, a bien voulu me permettre, en attendaut que le mien soit prêt, de travailler encore dans cet atelier qui, justement, communique par cette petite porte (La porte A droite.) avec l’appartement que j’occupe à côté.

PAUL

Du reste, il n'y travaille pas beaucoup, M. Manuel Torcy, car depuis que je viens ici, je ne l’y ai pas encore rencontré.

LAVIGNAN.

Des affaires particulières...

CORNÉLIE

Fièrement particulières. (On frappe A la poiie.)

PAUL et DENNEV1LLE.

Entrez!...

CORNÉLIE

Un petit coup!... C'est encore quelque femme à replâtrer. (On frappe de nouveau.) Mais entrez donc! (Le marquis parait.)

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