TOP.CY
C’est celui de ma femme.
LE MARQUIS
De votre femme!... 01»! alors je ne m'étonne plus si M. Lavignan nous a dit qu’elle était si belle 1
TORCY, posant le portrait sur le pupitre , ta flgure j
contre le mur.
Lavignan! mais tout à l’heure on a donc parlé ! d’elle?
LE MARQUIS
Oh 1 l’on en a parlé seulement sous le rapport de sa beauté.
TORCY
Seulement sous ce rapport?
LE MARQUIS
Pas autrement , je vous assure... Mais qu’avezvous donc?
TORCY, brisant un appuie-main.
Rien ! rien! je n’ai rien... (Revenant au marquis.)
Et quand voulez-vous que nous commencions, | monsieur le marquis?
LS MARQUIS
Mais le plus tôt possible.
TORCY
Alors quand vous voudrez , quand vous serci • prêt. (Revenaut au marquis.) Mais vous êtes bien ' certain que M. Gagerot ou M. Paul Vermoud u’ont 4 rien dit de ma femme?
MLALIE PUNTOIS.
LS MARQUIS
Ab ! ça, voyons, est-ce que la jalousie vous tourne la tête?
TORCY, souriant négativement.
La jalousie...
LE MARQUIS
Est-ce que, par hasard, vous redouteriez un Gagerot, ou un Paul Vennond?
TORCY, levant les yeux au ciel.
Aht c’est que vous ne savez pas...
LE MARQUIS
Eh! quoi donc?
TORCY
Rien ! rien! (A part) J’ai juré de me taire.
LE MARQUIS
Et que voulez-vous qu’ils en aient dit, puisqu’ils ont déclaré tous les deux qu’ils ne la connaissaient pas.
TORCY
VTai!
LE MARQUIS
Qu’ils ne l’avaient jamais vue.
TORCY
Jamais!...
LE MARQUIS
On s’est seulement étonné du soin que vous mettiez à la cacher à tous les yeux... et c’est votre faute... Soyez jaloux, je comprends cela; mais, au lieu de vous en défendre, ayez le courage de votre faiblesse: dites à qui voudra l'entendre qu’un regard jeté sur celle que vous aimez vous semble une insulte à votre amour, on en rira peut-être un jour ou deux , et puis après on n’y pensera plus.
TORCY. J
On me trouve bien ridicule, n’est-ce pas? et je sais qu’on invente des histoires à ce sujet : on dit que ma femme est quelque princesse qui se cache... qui sait? peut-être quelque échappée de...
LE MARQUIS
Torcy , vous devenez fou... Allons, soyez homme! Que diable, vous la connaissiez avant de l’épouser... Et lorsque vous l’avez prise... vous avez accepté son passé... s’il est mauvais.
TORCY
Mauvais... Vous croyez donc qu’il est mauvais?
LE MARQUIS
Je ne puis répondre à une pareille folie...
Voyons, calmez-vous.
TORCT.
Oui, oui... vous avez raison... il faut que je sois calme. Laissons ce sujet, et je vous demande même qu’il ne soit plus question entre nous de ce portrait dont je vous supplie de ne jamais parler.
LE MARQUIS
Je vous le promets.
TORCY
Envoyez-moi vos toiles, vos miniatures, vos tableaux, cl nous commencerons.
EULALIE POiSTOIS.
LE MAUytl*.
Eb bien ! ce soir à la campagne nous arrêterons définitivement notre plan avec ces dames , et de* main tous aurez tout cela. Allons, allons, soyez raisonnable.
TORCY
Ah! je le suis maintenant.. C’était une idée, une sottise qui me passait parla tête... Au revoir! au revoir! (Le marquis sort.)