‹ Eulalie Pontois drame en cinq actes, precede d'un prologueChapitre 34 sur 91 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

TORCY, seul.

Raisonnable! que je sois raisonnable.... Ab!

non! je ne puis vivre ainsi plus loug-temps!... celte situation n’est plus tolérable... c’est aujourd'hui qu’il me faut en finir... c’est à l'instant même que je veux avoir une explication. ( Il va pour rentrer chez lui, la petite porte s’ouvre.) O mou Dieu ! la voilà. .. c’est elle. ( Eutalic entre. )

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SCfiNE IX.

TORCY, EULÀL1E.

Et) LA LIE.

Manuel... tu es seul?

TORCY

Oui... vous pouvez entrer. .. (A part.) Allons! du courage.

EULALIB.

Eb bien 1 nous pouvons commencer. Ta toile est-elle prêteî...

TORCY

Dans un inslaut... mais qu’as- tu Antonie? ( Il la regarde.) Tu es pâle, tu es triste, tu as pleuré depuis que je t’ai quittée... Peut-être que mes reproches de tout à l’heure...

FULALIE.

Tes reproches!... Oh! non, non, mon ami!

TORCY

Mais alors! qu’as-tu donc? Et serait-ce toujours ce chagrin , que je ne sais pas , qui te rend ainsi malheureuse? •

EULALIB.

Oh ! je n’en ai qu’un, c’est quand Je crains de ne pas faire ton bonheur.

TORCY

Àbl tu pourrais le rendre complet, en me confiant celte pensée qui te dévore et peut-être t’abuse...

Jamais! Manuel...

TORCY

Quoi! toujours ce silence!... Eh bien!... tu m’y forces, je rassemblerai mes souvenirs! je chercherai, je parlerai... j’interrogerai s’il le faut...

eulalie. t

Et si lu fais cela... si lu fais cela, ce sera bien mal!...

TORCY

Antonie 1

EULALIE

Oh! oui, bien mall (A part.) Il le faut, et pufssc-t-il me comprendre... (Avec douceur.) Écoule»moi, Manuel... souviens-toi du jour où je te trouvai, en Suisse, blessé, meurtri, expirant dans un ravin de la montagne l Tu allais mourir là, car tu étais seul... car il fallait le désespoir qui cherche la mort, pour pousser une créature vivante dans cet abîme où une imprudence tV vnit précipité... Je te vis sanglant, immobile, mourant... et celle mort que j’appelais, moi, comme un bienfait, me fit peur pour toi que je ne connaissais pas. Une idée me prit alors de le sauver la vie! il me sembla que ta vie serait devan! Dieu une expiation de ma mort... Je le soulevai, j’étanchai tés blessures, je te ranimai... et, moi, faible femme, je te traînai hors de cet abîme et je te reconduisis à la cabane où tu retombas bientôt brûlé de fièvre et épuisé de douleur.

TORCY

Oh I c’est vrai, Antonie, c’est vrai t

Eh bien! le souviens-tu que j’allais partir, moi, lorsqu'une des personnes qui t'entouraient murmura tout bas : t Cet homme u’a plus une heure ù vivre t ? Je ne sais si, dans l'anéantissement où tu étais plongé, ce mol fatal arriva jusqu’à toi... mais je l’entendis, moi , et je m’arrêtai. C’était Dieu qui, d’abord, m'avait inspiré de te sauver, et je crus lui obéir en restant pour te sauver tout à fait... Ainsi, le lendemain, et durant quinze jours que la mort te menaça. Manuel, tu me trouvas toujours à ton chevet...

TORCT.

Oh! merci, maintenant, comme alors! Merci, comme le jour où je pus comprendre que je te devais la vie.

eulalie.

Tu étais sauvé, alors...

TORCY

Et toi, lu voulais toujours mourir I EULALIE.

Oui, Manuel, je le voulais encore ; mais je n’en avais plus le courage!... C’est que tu m’avais raconté la jeunesse, tes travaux, tes belles espérances!... c'est que tu m’avais dit ton avenir de gloire et de bonheur !... c’est que, lorsque faible encore tu sortais appuyé sur mon bras, j’étais fière, mol, jeune fille, d'avoir sauvé tout

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