DE SUE VI ILE
Et cependant, monsieur le marquis, tel poarrait être le résultat de la moindre indiscrétion.
LE MARQUIS
Et vous prétendez , monsieur, que le nom de cette femme intéresse M“ e deChangiron?
DENSE VILLE
Qu’il intéresse surtout MU* de Brévise !
LE MARQUIS, avec terreur.
M lle de Brévise 1... Oh! mon Dieu!... serait-ce l’infortunée?... Mais non! non... car elle est morte.
DENNEVILLE.
Monsieur le marquis, voulez-vous m'écouter un moment sans m’interrompre?
LE MARQUIS
Parlez, monsieur. (A part, avec douleur.) Oh! non, non, ce n’est pas possible! Elle est morte !
DENNEVILLE.
D’abord, pour vous livrer mon secret, je vous demande cent mille francs.
LE MARQUIS, s’emportant.
Monsieur! osez-vous bien?...
DENNEVILLE, avec calme.
Soit! je ne veux rien!... mais alors je ne dirai rien.
LP. MARQUIS , a part.
Oh! cela doit sc rattacher à ce crime! (Haut.)
Et qu'avez vous donc à m'olfrir pour cette somme?
DEN NE VILLE
Cent mille livres de reotes pour cent mille francs, monsieur le marquis, ça n’est pas trop cher... ça vaut mieux qu<* ça; mais euGn, j’ai fait mon prix.
LE MARQUIS
Vous expliquerez-vous?
DENNEVILLE , avec mystère.
Le testament de M«n* de Soubiran existe.
LE MARQUIS, surpris.
Le testament !
DENNEV1LLE.
Je sais où le trouver.
LE MARQUIS
La malheureuse qui a tué M°* de Soubiran ne l’a doue pas détruit?
DENNEVILLE.
La malheureuse Eulalie Poaiois est aussi iuuocente que vous de celle mort.
LE MARQUIS
Innocente, as-tu dit?
DENNEVILLE.
Innocente , j'en suis certain.
LE MARQUIS, avec feu.
Eulalie 1... Ahl prouve-moi cela-, prouve-le moi ! et je fais ta fortune. -
DENNEV1LLE.
J’accepte; car peut-être en dirai-je assez à cette jeune fille pour qu’elle puisse prouver elle-même son innocence.
LB. MARQUIS
La prouver elle-même !... Qu'as*tu dit là T... Mais elle vit doue I... mais Eulalie vil donc ?
RENNEVILLE
Comment, monsieur le marquis... vous n’avez pas encore deviné?...
Le MARQUIS.
Que la femme qui est chez M. Torcjr...
RENNEVILLE
N’est autre qu'Eulalie Pontois.
LE MARQUIS
Eulalie I
DEN NE VILLE
Eulalie, elle-même !
LE marquis , avec feu, A part.
Oh ! j’aurais dû la reconnaître à tant de beauté; oui, ce portrait qui m’avait frappé ce malin , c'était bien là la dignité, l’œil , le calme et le front élevé de mon père... Ali ! je pourrai donc enfin remplir son dernier vœu... (A Denneville.) Et lu es sür... non pas qu’elle est innocente, car maintenant je n’en doute pas, moi!... mais tu es sür que lu pourras le prouver...
DENNEVILLE,
Ob I je n’ai pas dit cela, monsieur le marquis. Je ne l’assure pas, mais je l’espère. Et d’abord il nous faut le testament.
LE MARQUIS
Tu ne l’as pas ?
DENNEVILLE.
Nous l’aurons avec de l’argent... Mais il est un danger plus grand à prévenir, il faut nous bâter, car je frémis des projets de Paul Vermoud...
LE MARQUIS
Des projets de Paul Vertnond?
DENNEVILLE.
Il a juré de péuétrer chez M œe Torcjr... et s’il découvre qu’Aulonie n’est autre qu'Eulalie...
LE MARQUIS
Mais il ne la connaît pas...
DENNEVILLE.
Pas plus qu’elle ne le connaît, je le sais; mais cet homme a un instinct du mal qui le pousse là où il doit trouver sa dernière victime.
LE MARQUIS
Quelles out donc été les autres?
DENNEVILLE.
M** de Soubiran !... Pontois, qu’il a poussé au crime; moi, qu’il eu a fait le complice...
LE MARQUIS
Et vous ne craiguez pas?...
Digiti
DENXEVILLE.
C'est assez vous dire qu’il ne m’a pas tenu sa parole...
LF. MARQUIS.
Sauvez Eulalie et je tiendrai la mienne...
DENNEVIILE.
El vous jurez qu’après m’avoir remis les cent mille francs contre le testament, j’aurai encore quarante-huit heures pour quitter la France, si l'affaire se poursuit en justice?
TORCY, qui vient de paraître.
Le voilà I
LE MARQUIS
Je te le promets... Mais où et quand te reverrai-je ?
DENNEV1LLE.
Il faut en finir à l’instant; il faut me suivre et ne pas oublier surtout que Paul Vcrmoud est peut-être chez Torcy l
LE MARQUIS
Je vous suis.