‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 103 sur 341 · Hercule, 1347 et suiv · texte numérisé non relu

Hercule, 1347 et suiv

forces humaines. Polymestor, qui vient d'avoir les yeux crevés par Hécube, voudrait pouvoir se jeter dans le gouffre de THadès. Le coryphée, qui le voit et qui Tentend, dit qu'il faut pardonner à l'homme de vouloir se délivrer de la vie quand elle est pour lui une torture insupportable ^ Il y a un autre cas où la mort volontaire se justifie : c'est quand il s'agit de sauver son honneur d'une atteinte irréparable. C'est le motif que Phèdre met en avant. Blessée par l'amour, elle a pendant longtemps lutté contre son mal. Vaincue, il ne lui reste d'autre parti que de mourir, parce qu'elle ne veut point qu'on lui reproche jamais d'avoir déshonoré son époux et ses enfants. Au moment où elle va mettre son dessein à exécution, le chœur semble reconnaître que sa . situation n'a point d'autre issue *. La résolution qu'a prise Phèdre, Hécube reproche à Hélène de ne l'avoir pas prise. Si Hélène eût été enlevée malgré elle, comme elle le prétend, si elle avait réellement regretté son premier mari, elle aurait, comme font les femmes de cœur, suspendu un lacet ou aiguisé un glaive'. Euripide semble donc conseiller la mort à la femme déshonorée, quelle que soit la part que la volonté ait eue à ce déshonneur. Ces conseils ont-ils eue des effets pratiques? Si l'on ajoutait foi à Aristophane, on serait

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