‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 105 sur 341 · Grenouilles · texte numérisé non relu

Grenouilles

être intéressant de rechercher ce qu'un poète philosophe comme Euripide a pensé à ce sujet, et s'il a eu sur la mort des opinions qui ne soient pas celles du vulgaire.

Ses personnages, doit-on s'en étonner? sont plus d'une fois amenés à exprimer les croyances communes relatives au monde d'en bas. Les Grecs n'eussent pas compris qu'Electre et Oreste, avant l'exécution de leur vengeance, n'invoquassent point Agamemnon'. Or, cette invocation suppose que le mort a encore, sous la terre, un semblant d'existence, qu'il entend — Electre en est convaincue — la voix de ses enfants, et qu'il a le pouvoir de les assister. Dans VHéciibe^ Néoptolème, avant d'immoler Polyxène sur le tombeau d'Achille, invoque son père : il le supplie d'agréer les libations qui font sortir les morts de leur demeure souterraine, et de venir boire le sang noir de la jeune fille*. A la fin des Troyennes^ quand Hécube, près d*ètre tridnée en captivité, entend le fracas de Troie qui s'écroule dans les flammes, elle se jette sur le sol ; elle frappe la terre de ses deux mains pour entrer en communication avec les morts, pour faire parvenir ses lamentations jusqu'aux oreilles de ses enfants'. Les femmes du chœur, à leur tour, tombent à genoux et appellent à grands cris leurs maris, qui sont dans les profondeurs de la terre*. Euripide n'a donc pas négligé les effets dramatiques dont

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