Ibid
i26 L'ESPRIT CRITIQUE CHEZ EURIPIDE.
la religion traditionnelle des morts pouvait être pour • lui la source.
Mais quand il n'a point à rechercher de tels effets, Tesprit de doute reparaît dans ses drames. Mégara, femme d*Hercule, invoque, elle aussi, le héros son époux, qu'elle croit descendu chez les morts ; mais elle fait précéder cette invocation d'une restriction sceptique : « Voici ce que je te dis, ô Hercule, si toutefois dans l'Hadès on entend la voix des vivants * . » Dans un fragment du Cresphonte on lit, au sujet d'Hercule, que, « si le héros habite dans les profondeurs de la terre, parmi ceux qui ne sont plus, il ne saurait désormais avoir aucune force' ». Hercule mort serait donc sans puissance, tandis qu'Âgamemnon et Achille étaient tout à l'heure considérés comme puissants dans le tombeau. Voilà un exemple de ces contradictions si fréquentes chez Euripide, qui, obligé de mettre en œuvre les sentiments et les opinions du vulgaire, semble se venger de cette nécessité en critiquant, aussitôt qu'il en trouve l'occasion, les idées conventionnelles qu'un instant auparavant il avait paini admettre.
Ce que ses personnages pensent de la condition de l'homme après la mort est .d'ordinaire conforme aux croyances générales. La mort, pour eux, est surtout caractérisée par l'absence de souffrance. Suivant un mot grec aussi expressif que mélancolique, les morts sont « ot xa[j.dvTeç, ccux qui en ont fini avec les peines de la vie ». Âdmète s'estime plus malheureux qu'Al*