‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 117 sur 341 · Discours contre Néxra, 122, p · texte numérisé non relu

Discours contre Néxra, 122, p

des maris de son temps, la femme athéniemie a beaucoup de défauts, les uns légers, les autres plus graves. Parmi les premiers, il faut ranger la curiosité. L'Athénienne est curieuse : comment ne le serait-elle pas? Quand il lui est permis de franchir le seuil de sa porte, soit pour assister à des funérailles, soit pour prendre part à des cérémonies religieuses; quand, aux jours de fêtes, elle suit une procession ou qu'elle assiste à un spectacle, comment n'éprouverait-elle pas à tout voir, à tout contempler, cette délicieuse jouissance, ce plaisir « doux comme le miel » dont parle le poète*? Tout à l'heure elle va rentrer; elle s'enfermera dans l'ombre du gynécée de longues semaines, des mois peut-être. Comment ne profiterait-elle pas, pour voir ce qui l'intéresse, des rares moments de liberté que la loi ou la tolérance du mari lui accorde? Sa curiosité est en vérité bien excusable. Mais tous les défauts s'enchaînent. Quand la femme parait au dehors, il est naturel qu'elle ne veuille y paraître qu'à son avantage : pour se montrer et ne pas faire honte, en se montrant, à son époux, il faut bien se résigner à un peu de toilette. C'est cette toilette qui exaspère les maris. Les uns, les plus soupçonneux, osent dire qu'une femme qui est honnête et qui ne songe pas à mal ne cherche point à orner sa personne ^ D'autres se plaignent que leur femme est

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