‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 118 sur 341 · Iphig, A · texte numérisé non relu

Iphig, A

2. Electre, 1072. — Hélène envoie comme offrande au tombeau de sa sœur Clytemnestre des cheyeux coupés sur sa tétc ; mais elle a soin, pour ménager sa beauté, de ne retrancher que rextrëmité de sa chcTelure (Oresle, 128). U est vrai qu*Hélène est la plus coquette des femmes.

une idole (âyot^^K-tt) qu'il faut habiller magnifiquement et dont Tentretien coûte si cher qu'ils €n sont ruinés*. Le poète nous montre encore les femmes tenant à la main ces miroirs métalliques dont le poli brillant reflète Téclat de leur beauté'. Il nous montre surtout, dans une circonstance fort dramatique, une femme qui meurt de la plus aflreuse des morts, pour être tombée dans le piège qui a été tendu à sa vanité et à son amour de la parure. Il s'agit de la fille de Gréon, roi de Corinthe, celle qui a volé à Médée l'amour de Jason. Avant de partir pour l'exil, Médée veut se venger de sa rivale. Feignant d'avoir une grâce à lui demander, elle lui envoie en cadeau un diadème et \me robe dont le tissu empoisonné s'attachera au corps de la malheureuse pour la brûler dans d'atroces souffrances. Ce sont les enfants de Médée qui, sous prétexte d'aller implorer la faveur d'échapper à l'exil, sont chargés de porter ces présents. Quand ils arrivent, la fille de Créon détourne d'abord la tête : elle a en horreur les enfants de Médée et ne veut point écouter leurs supplications. Hais, si elle les repousse, c'est qu'elle n'a pas vu ce qu'ils apportent. Aussitôt qu'elle aperçoit leurs présents, un brusque changement s'opère dans ses sentiments. « Dès qu'elle vit la parure, elle ne résista plus et accorda tout à çon époux. A peine les enfants et leur père étaient-ils sortis du palais qu'elle prend la robe aux belles couleurs et s'en revêt : elle place la couronne d'or sur sa chevelure, qu'elle arrange devant un miroir bril-

Page 1