‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 133 sur 341 · Pro^^«7., fr · texte numérisé non relu

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Là SOCIETE. — LES FEMMES. 159

aversion pour ie sexe féminin. On ne peut obtenir de réponse à cette question que par une statistique, accompagnée de chronologie, dont voici les résultats , lajpremière en date des tragédies où les femmes soient maltraitées est celle des Cretoises^ qui faisait partie de la même trilogie i\;a!Alceste et fut représentée en 438 ; la dernière pièce où Ton trouve des malices contre les femmes est VIphigénie à Aulisœuvre de la vieillesse du poète et qui fut jouée en 405, un an après sa mort. Entre 438 et 406, il s'est écoulé trente-deux ans : à trente-deux ans de distance, Euripide ne s'était pas déjugé. Dans cet inter valle, la critique des femmes reparaît souvent, dans un grand nombre de pièces dont les dates ne sont pas éloignées, et en particulier, pour ne citer que des faits absolument certains, dans la Médée, qui fut représentée en 431 ; dans VHippoly te couronné, qui fut joué en 428; dans les Troyennes, qui sont de 415; dans Oreste^ qui est de 408 Ml ressort de cette chronologie que, si Ton peut recueillir chez Euripide les éléments variés d'une satire contre les femmes, ces éléments se rapportent à toutes les époques de sa vie. A aucun moment il ne parait avoir changé d'opinion à cet égard.

Il faut lire son œuvre avec une grande attention pour y découvrir l'expression de sentiments favorables aux femmes. Ces sentiments se rencontrent

I. Les autres pièces où Ton rencontre la critique des femmes, mais dont la date est incertaine, sont : Ahpé, Andromaque, ^olosy Danaé, Hécube, Ion, Iphigénie en Tauride^ Mélanippe enchaînée^ Méléagre, Œdipe, Phéniciennes, Sihénéboia.

aussi rarement dans les fragments qui nous restent de ses tragédies perdues que dans les pièces conservées. Est-ce qu'en effet il n'a jamais cessé d'être hostile au sexe féminin ? Ou bien faut-il supposer que, la satire ayant toujours plus de saveur ^e réloge, les compilateurs et les auteurs d'anthologn'ès à qui nous devons les fragments des pièces perdues, ont trouvé plus piquant de recueillir le mal que le poète avait dit des femmes que de faire collection des passages où il avait pu en dire du bien? Peut-être y a-t-il quelque chose de vrai dans cette dernière supposition. Mais, d'une façon générale, il est permis d'affirmer qu'Euripide s'est montré impitoyable pour les vices et les travers des femmes, et qu'il a eu de la peine à rendre justice à leurs qualités. Il les a cependant reconnues quelquefois. Un poète qui, à l'exemple des sophistes, aimait à discuter le pour et le contre, qui se plaisait à opposer à la thèse l'antithèse, ne pouvait point ne pas se contredire un peu sur le chapitre des femmes, comme sur les autres. Ces contradictions sont cependant rares. Dans deux fragments très courts, l'un XAndromède^ l'autre à'Antigonej nous lisons que pour l'homme la meilleure des richesses, le plus précieux des biens, c'est une femme honnête, qui partage ses sentiments ((TUfiicaOVjc yuv-n) ^ Cette idée est un peu plus développée ailleurs : il y est question de la femme sage, de la femme de tête, qui sauve la maison compromise par les folies du mari, de la femme dévouée dont l'affection est un

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