Androm.f 222 et suir., trad. Hinstin
barbare aurait pu servir de modèle à plus d'une femme grecque.
Entre la critique passionnée des défauts de la femme et le panégyrique de ses vertus, il y a place pour une opinion moyenne qui sait faire la part du mal et celle du bien. Euripide ne s*en tient que rarement* à cette juste mesure. Une seule fois il semble contredire formellement ses opinions ordinaires : c'est dans un fragment du Protésilaos. « Celui qui confond dans le même blâme toutes les femmes indistinctement est un sot et non un sage. Sur le nombre vous en trouverez de mauvaises ; mais il en est d'autres, comme celle-ci, qui se conduisent noblement*. » On aimerait à savoir quand Euripide écrivait ces ver^, qui sont la condamnation de ses procédés ordinaires de critique à l'égard des femmes. Mais la tragédie de Protésilaos est de celles dont la date est ignorée.
Ici se pose une question qu'il serait intéressant de pouvoir résoudre. A quelles époques se rapportent les accusations les plus graves que le poète a lancées contre les femmes de son temps ? S'il était démontré qu'à un certain moment de sa carrière il a commencé à dire du mal des femmes après les avoir épargnées jusque-là, on recueillerait un renseignement utile pour rhistoire de ses idées et de ses sentiments. Une palinodie sur le compte des femmes, palinodie dont on pourrait fixer la date, fortifierait l'opinion de ceux qui prétendent qu'Euripide a été au nombre des maris trompés, et que là est l'explication de son