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préjugés, et n'apprendrez-vous pas à juger de la noblesse des hommes par leurs mœurs et par leur conduite dans la vie sociale ^ ? » Après ces belles paroles, Oreste finit par entrer dans la cabane, en déclarant qu'il préfère Thospitalité du pauvre à celle du riche, et qu'il se félicite d'être reçu par cet homme simple à son foyer. Nulle part l'intention du poète n'est plus évidaite. Il a entrepris de relever Thomme du peuple, rhomme des champs surtout, des injustes mépris dont il était l'objet. Il a voulu — ce que n'avait fait aucun de ses devanciers — glorifier la vertu des humbles dans la personne de ce paysan, mari d'Electre, qui, par sa noble conduite, mérite démarcher de pair avec les héros tragiques.
Ce poète à l'âme si tendre est plein de pitié pour les pauvres gens. Il en veut aux dieux de ne pas détester (c'est le mot dont il se sert) les grands et les nobles ', et de réserver les misères de la vie pour cette foule anonyme qui travaille et qui peine obscurément, pour ceux qu'il désigne d'un terme bien expressif, nouveau alors dans la langue avec cette signification, ol àvapCOuL-^Toi, « ceux qui ne comptent pas* ». Ce qu'on appelle la gloire militaire ne l'éblouît pas, parce qu'il sait de quoi cette gloire se compose et que, pour faire un seul grand homme de guerre, des milliers d'humbles vies doivent être sacrifiées \