làîd. 1619. Cf. Ion
4. AndromaquCf 694 : « Quand une armée érige en trophée les dépouilles de l'ennemi, on ne considère pas cette yictoire comme
i68 L'ESPRIT CRITIQUE CHEZ EURIPIDE.
Sa pitié va plus loin : elle s'étend à ce qu'il y avait de plus méprisé dans la société grecque, aux esclaves. Ce n'est pas qu'il ait fermé les yeux sur leurs vices et qu'il n'ait signalé leur dégradation morale : ses personnages expriment quelquefois à ce sujet l'opinion générale*. Mais l'esclave dont la vie n'est gouvernée que par l'instinct, « pour qui le ventre est tout » S l'esclave chez qui la crainte du maître anéantit les sentiments généreux, qu'elle rend lâche et sans foi', mérite moins à ses yeux d'être haa que d'être plaint. Euripide s'apitoie sur la misérable condition de ces êtres qui, étant hommes, ont été condamnés par les dieux à se contenter de la plus mauvaise part en ce monde*. Forcés de complaire en tout à ceux qui les possèdent, contraints souvent de mentir pour leur être agréables, privés du droit de parler et de penser librement, sans amis, sans soutiens, voués au mépris, résignés aux outrages, pour ceux d'entre eux qui ont connu la liberté la mort est préférable à une telle existence'. Qu'importe d'ailleurs au commun des hommes une vie d'esclave? Elle ne compte point*. Euripide veut que cette vie compte.
l'œuvre de ceux qui ont été à la peine, mais c'est le général qui en recueille tout l'honneur. «