Ion, 854. HéL, 730. Phrixos, fr. 831. Alex., fr
no L'ESPRIT CRITIQUE CHEZ EURIPIDE.
claves qui valent, moralement, mieux que des hommes libres ^
Pour que la leçon qu'il donne à ce sujet soit plus frappante, il fait mettre en pratique par les personnages de son théfttre les sentiments que lui-même professe. Creuse, « toute reine qu'elle est », honore « à régal d'un père » le vieux pédagogue qui a veillé sur Tenfance d'Érechthée ^ Alceste, sur le point de mourir, fait ses adieux aux serviteurs de sa maison : elle tend la main à chacun ; il n'en est pas de si humble à qui elle n'adresse la parole. Et ces braves gens se répandent dans le palais en pleurant et en gémissant : avec Alceste, ils ne perdent pas seulement, disent-ils, la meilleure des maîtresses, ils perdent « une mère » '. Yoilà un mot qui correspond à un sentiment qu'on serait tenté de croire chrétien, si on ne le rencontrait chez Euripide. Sans doute de telles idées ne pouvaient faire leur apparition au théâtre sans un certain assentiment de l'opinion publique : peut-être n'était-il donné d'en entendre l'expression que dans cette ville humaine d'Athènes qui, la première, avait fait des lois protectrices de l'esclavage *. Il est difficile cependant de ne pas croire que lorsque Euripide essayait de relever et d'honorer l'esclave.
i. Mélanippe enchainée, fr. 511 , et les vers 40-43 d'un fragment de la même pièce provenant d*un papyrus d'Egypte, et publié par Blass en 1880 (Rhein, Mus., XXXV, p. 290.) Cf. H. Weil, Bévue de philologie, IV, p. 121-124. C'est le n»» 495 de la nouvelle édition des Fragments des tragiques grecs de Nauck.