‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 141 sur 341 · Androm · texte numérisé non relu

Androm

Il sait que Thomme libre ne peut se passer en Grèce de Fesclave*, mais il souhaite que l'esclave participe, dans une certaine mesure, aux droits de l'homme libre. Pour prêcher d'exemple, il l'introduit sur la scène à côté des héros; il le mêle, plus souvent que ne l'ont fait les autres tragiques, à l'action de ses drames. Chez lui — c'est Aristophane qui le remarque — l'esclave parle au même titre que le maître' : comme celui-ci, il a souvent à la bouche des sentences morales, des développements philosophiques '. Il fait même preuve parfois de tant d'habileté et d'intelligence qu'il en devient gênant pour son possesseur*. C'est que le préjugé qui sépare l'esclave du reste de la société grecque est un préjugé odieux que le poète ne se lasse point de combattre. On s'étonne, en le lisant, de voir pour la première fois associés dans la langue grecque des mots qui jusqu'alors auraient paru contradictoires : le mot y^watoç (noble) et le mot SoO^oç (esclave)*. On est surpris de l'entendre répéter que l'esclave qui, sans avoir le nom de l'homme libre, en a souvent les sentiments, est victime d'un mot, d'une étiquette', et oser déclarer qu'il est beaucoup d'es-

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