Phéniciennes, 549, à^ixia ev8a(|A«Dv
fait voir rhomme qui y aspire marchant à son but à travers mille bassesses, mille trahisons, courant, dans le sang, à la destruction de la loi^ Il nous le montre réduit, une fois devenu le maître, à soutenir son autorité par les moyens les plus détestables, condamné à n'avoir pour instruments de ses volontés que les hommes les plus pervertis *. Tous les citoyens tremblent devant celui qu'ils n'enrichissent de leur travail que pour qu'il vienne réclamer leurs filles pour ses caprices, leurs fils pour ses guerres, destinés à être fauchés par Fépée comme les fleurs d'une prairie printanière'. Le Lycos d'Euripide, qui, pour arriver au trône, a tué Créon ; qui, en possession du trône, veut tuer la femme et les enfants d'Hercule, est le type de ces tyrans féroces dont les Athéniens paraissaient craindre, pour les autres peuples plus que pour eux-mêmes, que le règne pût revenir en Grèce à la faveur des discordes civiles*. L'histoire de ces monstres sanguinaires était d'ailleurs étrangère à l'Attique : si l'Attique avait eu jadis, elle aussi, des tyrans, elle n'en avait eu que de bons. Les rois de l'Athènes des anciens temps, Érechthée, Thésée, Démophon, sont chez Euripide ce qu'ils sont partout dans la tradition athénienne, d'excellents rois*. Thésée, qui, là où il apparaît, a moins l'air d'un
1. Iphig. T., 678. Ipkig, A,, 336, 450. Hercule, 65. Hécuhe, 868. AntigonCy fr. 171.