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est semé ; ce sont aussi ses attaques contre la religion populaire, attaques qui leur font illusion au point de leur laisser voir en lui une sorte de précurseur du christianisme. Pour Clément d'Alexandrie, Euripide, quand il parait confondre Jupiter avec Hadès, a pressenti les rapports de Dieu le père et de Dieu le fils * . L'auteur du drame de la Passion du Christ ne craint pas de composer ce grand sujet avec des fragments empruntés à Euripide, et il fait sans scrupule parler à la Vierge la langue de Médée ou celle d'Hécube. Certains poètes enfin ont pour lui une telle estime qu'ils mettent sous son nom des vers de leur façon, où respire le plus pur sentiment chrétien '.
Ce goût pour Euripide avait passé de la Grèce à Rome. Livius Andronicus, Nœvius, Pacuvius, Ennius, tous ces imitateurs ou ces traducteurs du théâtre grec ont traduit et imité Euripide beaucoup plus sou vent que Sophocle. Plus tard, Ovide, dont les Metamorphoses et les Héroïdes sont toutes pleines des souvenirs de notre poète, compose, à son exemple, une Médée; Varius écrit un Thyeste. Les seules tragédies romaines qui aient été conservées dans leur intégrité, celles qu*on attribue à Sénèque, sont en général de maladroites copies des drames d'Euripide'. Enfin la