‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 151 sur 341 · SuppL · texte numérisé non relu

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et on ne le séduit que par la parole. Euripide est plein de mépris pour la « détestable engeance » de ces flatteurs de la multitude, pour les faciles succès de ces orateurs populaires, dont Tintempérance de langue est pour rÉtat une cause de ruine, dont Téloquence sans scrupules vit de mensonges et de calomnies*. Ulysse qui, par d'odieuses machinations appuyées sur de belles paroles, fait condamner à mort un innocent, était dans le Palamède le type du démagogue malfaisant ^ On voit se lever au milieu de rassemblée populaire dont il est question dans le drame d'Oresie n un bavard éfTrené, puissant par son audace, un intrus qui a forcé les portes de la cité, plein de confiance dans le bruit qu'il fait et dans la liberté inculte de son langage, et dont on peut croire qu'il va précipiter encore la république dans quelque malheur' ». A ces traits, les spectateurs reconnaissaient une figure qui leur était familière : Cléophon, un des ennemis acharnés de la paix *, un des dignes successeurs de Cléon dans la faveur du peuple.

Euripide n'est donc pas suspect de tendresse à regard des démagogues. Il déplore que la foule se laisse entraîner par de tels chefs à des extrémités dont il redoute les effets pour son pays. Il voudrait

i. HécubCy 2:>4. Hippolyte, 986 et suiv. Antiope, fr. 219. Ion, 832. Médée, 580. Troyennes, 967. SuppL, 412.

2. Il a co incmc caractèro dans les Troyennes, 282 et suiv. ; dans UécubCy 131, 2;>4 ; dans Vlphigénie à Aulis, 526.

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