Pour ces datos, voir Tlntroduction, p
2. Il y a, il est vrai, une autre hypothèse : celle de Zimdorfer [Chron, fabul. Euripid,, p. 81 sq.), d'après laquelle les vers sur l'eiil feraient allusion, non pas au retour d' Alcibiade à Athènes, mais à son retour à Tarmée de Samos et au discours qu'il y prononça. Thucydide (VIII, 81) nous apprend, en effet, qu'il parla aux soldats des souffrances de son exil. Mais cet événement se passait en juillet 41 i : une
Jbien vu le caractère de ce morceau des Phéniciennes, « Euripide, dit le scholiaste, est souvent tel' » : en d'autres termes, nous avons là un de ces lieux communs de morale, de psychologie ou de philosophie qu'Euripide intercale de temps en temps dans ses pièces, sans se préoccuper de savoir si l'intérêt dramatique n'en souffre pas. Pour expliquer ce développement, qui est assez court d'ailleurs et qui se justifie presque par la situation de Polynice, est-il nécessaire de faire intervenir Alcibiade?
La politique exléîneure. — Les fféraclides. Les Suppliantes.
La plupart des œuvres d'Euripide qui nous ont été conservées sont contemporaines de la guerre du Péloponèse : il ne faut donc pas s'étonner que les grands événements d'alors aient eu leur retentissement dans ses drames. Un poète qui place au-dessus de tout la vie supérieure de l'intelligence, ce qu'on appelait alors « la sagesse », devait être sans enthousiasme pour la guerre. Ce n'est pas qu'il veuille déprécier le
tragédie ne pouvait y faire allusion qu*au mois d*avril de Tannée suivante, c'est-à-dire bien longtemps après. En outre, la date de 410 pour les Phéniciennes est en opposition formelle avec le témoignage du scholiaste des Grenouilles (v. 53), qui range cette tragédie parmi les pièces « représentées pou de temps auparavant». Ces expressions s'appliqueraient difficilement à un dramo qui aurait été joué en 410, près de cinq ans avant les Grenouilles, i. Au vers 388.
courage militaire, ni amoindrir l'énergie virile dans Tâme du soldat. Il vante au contraire « les nobles couronnes promises à Taudace qui affronte le danger, le danger qui enfante la bravoure glorieuse, tandis que la Grèce laisse dans Tobscurité la prudence qui ne cherche qu'à prolonger sa vie ». Il a des vers indignés sur le jeune homme « qui n'aime pas Ârès, qui n'est qu'une chevelure et qu'un corps sans âme* ». Il ne songe pas davantage à éteindre le sentiment patriotique : pour ne citer qu'un exemple, oîi ce sentiment est-il plus ardent que dans un fragment de VÉrechthée*? Mais si Euripide n'est point indifférent aux luttes de la politique extérieure d'Athènes et au souci de l'honneur national, il n'en répugne pas moins aux moyens qui servent à soutenir et à défendre cet honneur. Dans les PhéfiicienneSy il a traité le même sujet qu'Eschyle dans les Sept contre Thèbes; mais on ne peut dire de son drame qu'il soit « rempli d'Ares ». Euripide, en effet, est moins frappé des gloires de la guerre que de ses cruautés, qui lui font pitié. C'est lui dont on entend la voix, quand Adraste, dans les Suppliantes, devant les cadavres des chefs argiens tombés devant Thèbes, prononce, en guise d'enseignement funèbre, les paroles suivantes : c« Infortunés mortels, pourquoi vous armer de lancés pour vous égorger les uns les autres? Cessez, renoncez à vos luttes, et gardez paisiblement vos cités, au milieu de citoyens paisibles. La vie est si peu de chose ! Il faut la passer le plus doucement possible,
i. Pragm. 1052.