‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 162 sur 341 · HéracL, v. 309 et auiv · texte numérisé non relu

HéracL, v. 309 et auiv

2. C'est le sentiment qu'exprime Isocrate dans son discours sur VAnticU^iSf 6i , Bekker.

3. Vers le même temps, le peintre Apollodore, le Skiagraphe, avait éomposô un tableau sur le sujet des Héraclides, Schol. Aristoph., P/tt/., 385.

i94 L'ESPRIT CRITIQUE CHEZ EURIPIDE.

difficultés. Ces difficultés, suscitées surtout par les interprètes d'oracles, par d'antiques prophéties qui indiquaient comme condition de la victoire l'immolation à Perséphone d'une vierge de noble race, sont bientôt résolues par le sacrifice volontaire de l'héroïque Macaria, une des filles d'Hercule, et Taction, un instant suspendue, reprend rapidement son cours. Un messager parait, apportant la nouvelle de la victoire d'Athènes. Eurysthée n'est pas seulement vaincu, il est fait prisonnier. On l'amène sur la scène, et il est mis en présence d'Alcmène. Celle-ci, quand elle voit en face d'elle l'ennemi acharné de son fils, ne peut contenir sa colère : elle prend un sauvage plaisir à rinjmier, à insulter à son malheur ; dans sa fureur, elle voudrait le tuer. Mais on lui fait observer que les lois d'Athènes s'y opposent : les Athéniens sont un peuple humain, généreux, qui ne met pas à mort les ennemis pris dans le combat. Ne pouvant obtenir le concours de ses hôtes, Alcmène ordonne à des esclaves d'emmener Eurysthée et de l'égorger secrètement. Ainsi la vengeance de la mère d'Hercule sera satisfaite, et Athènes n'aura pas été souillée par un meurtre qu'elle n'a pas autorisé.

Est^il possible de déterminer les événements auxquels le drame des Héraclides fait allusion et par suite d'en indiquer la date approximative? Sur cette question, les critiques sont divisés en deux camps, les uns considérant la pièce comme dirigée contre les Argiens, les autres convaincus qu'elle a plutôt en vue les Lacédémoniens. Les premiers sont surtout frappés des passages où Athènes, soit par la bouche

de Démophon^ soit par celle du chœur, déclare qu'elle vaut bien Ârgos et n'a pas peur d'elle ^ : ils en concluent que la tragédie a dû être représentée en 418, Tannée même où les Ârgiens se détachèrent d'Athènes pour se ranger du côté de Sparte. Comme les Argiens, sous l'influence du parti démocratique, rentrèrent Tannée suivante dans l'alliance athénienne*, le drame des Héraclides ne saurait être placé, disent-ils, à une autre date*. Mais des critiques non moins autorisés font remonter cette date beaucoup plus haut, jusqu'à une période qui peut s'étendre de 430 à 4S7\ M.Wilamowitz-Mœllendorff en particulier donne de cette opinion des raisons diverses ', que nous n'énumérerons point, pour en faire seulement ressortir la principale, qui paraît décisive.

A la fin du drame, Eurysthée voulant témoigner sa reconnaissance à Athènes, qui n'a pas consenti à le faire périr, révèle à ceux qui Técoutent un oracle d'Apollon dont Tutilité pour les Athéniens sera, dit-il, plus grande un jour qu'on ne pourrait le croire : « Après ma mort, ensevelissez-moi à la place marquée par le destin, devant le sanctuaire de la vierge divine de Pallène. Pour vous et pour votre cité je serai un protecteur et un sauveur, à jamais couché sous cette terre comme un étranger établi chez vous; mais

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