‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 161 sur 341 · Héraclides, y · texte numérisé non relu

Héraclides, y

devaient frémir d'indignation et de colère quand lolaos disait aux fils d'Hercule : « 0 mes enfants, nous venons de faire l'épreuve de Tamitié de ces hommes. Si donc un jour il vous est donné de rentrer dans votre patrie... considérez-les toujours comme des sauveurs et des amis. En souvenir de ces bienfaits, ne tournez jamais contre leur pays une lance ennemie ! Que leur ville vous soit d'entre toutes la plus chère M » Et c'étaient les descendants de ces Héraclides qui maintenant ravageaient le sol de FÂttique ; qui, au mépris du passé, juraient la ruine de cette Athènes qui avait sauvé leurs pères M Ces souvenirs légendaires, rapprochés des réalités du présent, devaient entretenir à Athènes, plus intense et plus vivace que jamais, la haine de Sparte ^

Ce n'était pas seulement Sparte qui préoccupait alors les esprits , c'était Argos. On devait donc s'intéresser vivement à la lutte qui, dans la tragédie, allait s'engager entre Démophon, chef de l'armée athénienne, et Eurysthée, chef de l'armée argienne. L'issue de cette lutte sans doute n'était pas douteuse : un poète dramatique qui se souvenait de Phrynichos ne pouvait songer à infliger à son public l'humiliation du spectacle d'ime défaite, même légendaire, d'Athènes. Mais si la victoire, conforme d'ailleurs à la tradition, était certahoie, elle ne pouvait aller sans

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