‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 164 sur 341 · Diodore, XII · texte numérisé non relu

Diodore, XII

guère de douter que la prophétie ne se rapporte à Tinvasion de Tan 430. La tragédie des Héraclides serait donc un peu postérieure à cette date. Mais elle ne peut se placer après 427, puisqu'en 427 les Lacédémoniens, sans se laisser arrêter cette fois par aucun scrupule religieux, ravagèrent TAttique entière *.

Cette explication, objectera-t-on, laisse de côté tout ce qui, dans les Héraclides, est défavorable aux Argiens. Mais la noble révolte du chœur contre les menaces de l'étranger, le fier défi jeté parDémophon à renvoyé d'Eurysthée, ne sont-ils pas simplement anaenés par le sujet même de la pièce? Le choix d'un pareil sujet montre sans doute qu'à ce moment-là Argos n'était pas l'alliée d'Athènes : il ne prouve point nécessairement que les deux cités fussent ennemies. [Peut-être y avait-il alors entre elles de sourds mécontentements ou de vagues griefs; de la part d' Argos, une attitude hautaine ou provocante*, qu'Athènes était décidée à ne pas souffrir ; mais la donnée de la tragédie ne peut faire conclure à une hostilité ouverte. Cette tragédie a pour objet principal la glorification d'Athènes, vengeresse des faibles contre le fort, protectrice des droits saints de Thospiialité. L'Argien Eurysthée n'y apparaît que comme l*ennemi accidentel des Athéniens : en leur déclarant la guerre, ce n'est pas eux qu'il veut atteindre, c'est les enfants d'Hercule, ancêtres des Spartiates. Qu'on remarque su.rtout sa conduite au dénouement. Vaincu, mais traité humainement par les vainqueurs,

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