C'est ce que permettent de supposer les Ters
il devient, avant de mourir, Tami des Athéniens, et il promet d'être leur sauveur après sa mort. N'était-ce pas indiquer ingénieusement que les Athéniens se considéraient comme ayant droit à Tamitié des Argiens? et ceux-ci n'étaient-ils pas invités par là à se souvenir de leur ancêtre Eurysthée, en se rapprochant comme lui d'Athènes, et en restant, à son exemple, l'ennemi irréconciliable de Sparte?
Comme les Héraclides, les Siipplia7ite$ sont une pièce de circonstance. Les deux drames du reste se ressemblent à tel point que le poète semble les avoir jetés dans le même moule. Des deux côtés, on voit des fugitifs, des opprimés, qui trouvent un asile sur le territoire de l'Attique dont le roi refuse de les livrer à ceux qui les réclament. Protectrice, dans les HéraclideSy des droits de l'hospitalité, Athènes combat, dans les Suppliantes, pour la défense des droits des morts. Les deux tragédies ont le même genre de dénouement : une victoire d'Athènes, qui assure le salut de ceux qui se sont placés sous sa protection. — Les suppliantes qui ont donné leur nom à la pièce, dont elles composent le chœur, sont les mères des chefs argiens tombés devant Thèbes. Sous la conduite d'Adraste, roi d'Argos, elles viennent réclamer l'intervention d'Athènes pour ensevelir les corps de leurs fils qui leur sont refusés par Créon. Thésée, accouru au bruit de leurs gémissements, ne se laisse d'abord toucher ni par leurs supplications, ni par les instances d'Adraste : il ne cède, qu'aux exhortations généreuses d'^Ethra, sa mère. Celle-ci le décide à aller consulter l'assemblée du peuple, qui l'autorisera
à intervenir auprès des Thébains et à obtenir par la force^ s'il est nécessaire, le respect du culte des morts. Sur ces entrefaites, arrive de Thèbes un héraut qui signifie à Thésée, de la part de Créon, d'avoir à expulser Adraste, et qui le défie de venir enlever sur les bords de T Asopos les cadavres des chefs argiens. Cette insolence rend la guerre inévitable, et larmée athénienne, sous les ordres de Thésée, se met en campagne. Quelques instants après, — car, suivant une convention qui ne tient nul compte du temps ni de la distance, les choses vont très vite — un messager vient annoncer la victoire d'Athènes, et bientôt les sept morts argiens sont apportés dans leurs cercueils. Suit une scène de lamentations, d'où, après Toraison funèbre des chefs prononcée par Adraste, se détache l'épisode de la mort d'Évadnè se jetant dans les flammes du bûcher de Capanée, son époux*. On voit arriver enfin les enfants des chefs argiens, tenant chacun dans leurs bras l'urne qui renferme les cendres de leurs pères. Ils échangent avec leurs mères des plaintes déchirantes et ils font serment de venger un jour les morts. C'est sur ces menaces et sur ces perspectives de vengeance que finit réellement la tragédie. Car, comme on l'ajustement observé', l'intervention de la déesse Athèna est moins le dénouement de l'action du drame qu'elle n'en est la conclusion politique. Cette conclusion rappelle, sans aucun doute possible, un événement contemporain qu'il est facile de