Schol., Iliade, IX, y
V Iliade, la fable de Phœnix n'ait jamais été traitée autrement qu'elle n'est par Homère*? Est-ce enfin Euripide, ou l'auteur de VOEdipodie, ou celui de la Thébaîde^ qui fait vivre Jocaste au moment du combat d'Etéocle et de Polynice et qui la fait mourir à côté d'eux"? On l'ignore. En revanche, Ton sait que notre poète s'est montré quelquefois plus fidèle à la tradition générale que ses rivaux, puisque à la différence de Sophocle, il considère Polynice comme le plus jeune des deux fils d'Œdipe, et que, conformément à la légende attique, il place au temps de Gécrops la fondation de l'Aréopage', qu'Eschyle avait, arbitrairement peut-être, rattachée au jugement d'Oreste.
Son respect de la tradition est d'ailleurs évidemment limité par les nécessités ou simplement par les libertés de son art, et il n'éprouve nul scrupule à se contredire au sujet des mêmes mythes. Sur le compte de la femme trop célèbre de Ménélas, il écoute tantôt la voix de l'opinion générale *, tantôt celle de Stésichore '. Son Œdipe ou bien s'est crevé les yeux à la
1. On remarque encore (Schol., Hécube^ v. 3) qu'Euripide fait de . réponse de Priam une fille de Kisseus, tandis que dans l'Iliade, XVI, 718, elle est fille de Dymas. Mais co changement de généalogie est si inutile que le poète ne l'a pas inventé, qu'il a dû suivre en cela un auteur autre qu'Homère.
2. On peut reprocher encore à Euripide d'autres altérations do la tradition. Il prête à son Archélaos les actions de Tëménos (Agathar> chidès, dans la Biblioth, de Photius, p. 444 b, 29). H fait do la déesse Hécate, qu'il confond avec Corë, une fille de Démëter (/on, 1048). Les Muses sont chez lui filles d'Harmonia et nées à Athènes (Aféci^e, 830).