Œdipe, fragm. 541, Nauck>. Schol. Eurip., Phénic
3. Dans VAlceste, par exemple, Adméte, au vers 898, a voulu se jeter dans la fosse ourerte, tandis qu'aux vers 608 et 740 il est question d un bûcher, d'ailleurs impossible, puisque la femme d'Admète doit ôtre rendue Tivanto à son époux.
4. Les reproches d*oLa\j\L^}fia, quand ils ne portent pas à faux (Héctibe, 1219; Oreste, 396; Phéniciennes, S(i^) sont de pures chicane» {Médée, 97; Oreste, 1075; Troyennes, 1107, etc.).
amène à la question de la moralité de son théâtre ; question qui se poserait pour nous, même si elle o'avait été soulevée du vivant même du poète, et par Aristophane.
Pour parler tout d'abord de ce qui répugne le plus à nos mœurs, faut-il s'étonner qu'Aristophane n'ait pas songé à reprocher à Euripide le sujet de son Chrysippos? L'événement essentiel de ce drame était pourtant l'enlèvement du jeune fils de Pélops par Laîos, amoureux de sa beauté ^ Gicéron n'en parle qu'à mots couverts : « Qui ne comprend, en lisant Euripide, ce que veut dire Laïos et quels sont ses désirs ' ? » Les Grecs s'en expliquaient sans doute plus librement. Puisqu'un amour de ce genre avait eu sa place dans les Myrmidons d'Eschyle, dans les Colchù diennes et dans la Niobé de Sophocle •, il faut croire qu^une telle passion ne choquait pas plus sur la scène que dans la réalité. En faisant jouer son Chrysippos^ Euripide ne s'est donc pas montré bien hardi. Mais dans les Cretois, c'était un amour monstrueux qui était en jeu, celui de Pasiphaé pour le taureau*, et Ton se demande comment le poète avait osé et de quelle façon il avait pu traiter un tel sujet, qu'il aborda le premier. Ce drame cependant paraît avoir été de ceux qui ne révoltaient personne, pour ce motif sans doute que l'amour légendaire de la femme de Minos était
1. ÊUen, de Nat Anim., VI, 15; Var, Hist., II, 21. Cf. ApoUod., m, 5, 5. Schol. Eurip., Pkénic, 1760, etc.