ApoUod., II, 4, 4. Schol. ApoU. Rhod., IV
donner la mort à son frère, une mère à son fils, un fils à sa mère », et où l'acte irréparable qui allait s'accomplir ne s'accomplit pas, parce que les personnages en question reconnaissent subitement leur erreur. Les exemples qu'il en donne sont précisément empruntés à Euripide ^ Il nous faut donc étudier chez notre poète ces situations et rechercher si le théâtre d'Eschyle ou celui de Sophocle lui en offrait le modèle. Un exemple qu'Aristote ne cite pas, mais qui n'est point à négliger, est celui de la tragédie d'/on, où l'on voyait une mère qui essayait d*empoisonner son fils, et un fils qui voulait tuer sa mère. Ce n'est pas un sujet simple que celui d'/on. Une aventure vulgaire, qui fait peu d'honneur à un dieu, en est le point de départ. La jeune Creuse, fille d'Érechthée, roi d'Athènes, cueillait des fleurs au milieu d'une prairie, quand tout à coup Apollon « dans le rayonnement de sa blonde chevelure » lui apparaît, la saisit, et l'entraîne, malgré ses cris, au fond d'une caverne, où il lui fait violence. De cette union naît un enfant que Creuse, redoutant la colère de ses parents, expose au flanc de l'acropole, dans la grotte même qui lui rappelle un si cruel souvenir. Mais Apollon est bon père : il veille sur le fils abandonné de sa mère. Par son ordre, Hermès emporte le nouveau-né, enveloppé de langes, et le dépose au seuil du temple de Delphes, où la Pythie le recueille et l'élève. L'enfant grandit dans le sanctuaire et devient un des serviteurs du dieu son père. Cependant CréUse, qui a pu dissimuler