‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 197 sur 341 · Herc · texte numérisé non relu

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de Polynice sont apportés sur la scène ; on y amène en outre celui de Jocaste* : c'est devant ces trois cadavres qu'Antigone entonne une lamentation funèbre ; c'est autour d'eux que vient errer le vieil Œdipe, sorti comme un fantôme de sa retraite, cherchant a tâtons, de ses mains aveugles, les dépouilles de ses enfants, de celle qui fut à la fois sa mère et sa femme. Dans les Suppliantes^ la victoire des Athéniens sur les Thébains a eu pour résultat de faire rendre aux mères des chefs argiens les corps de leurs fils tombés sous les murs de Thèbes : on le sait; mais bientôt on voyait les sept cadavres, défigurés, couverts de plaies, dégouttants de sang*. Peut-être les personnages en scène étaient-ils supposés apercevoir seuls ces détails, qui restaient invisibles pour le public; mais, à cet égard, on ne peut rien affirmer. Euripide en effet ne s'est pas toujours interdit d'offrir aux yeux des tableaux d'un réalisme saisissant. L'autel de la déesse de Tauride, dans Vlphigénie^ est rougi de sang, et aux murs de son sanctuaire Oreste et Pylade voient suspendues des dépouilles humaines, les têtes des étrangers offerts en sacrifices'. Dans \%^ Bacchantes^ Agave entrait en scène tenant à la main la tête sanglante de son fils Penthée*. Bien que le spectateur fût averti et qu'il n'y eût point pour lui, à proprement parler, de surprise, le spectacle n'en était pas moins affreux : n'est-ce pas à des tableaux de ce

i . Phéniciennes, 1480 ot suiv.

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