‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 199 sur 341 · Suppl · texte numérisé non relu

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ramener. Il ne l'aperçoit d'abord pas et s'informe d'elle auprès des femmes du chœur : c'est Evadn^ elle-même qui lui répond, et qui, après avoir dissimulé un instant ses intentions, finit par déclarer sa funeste résolution. Iphis veut Tempêcher de l'exécuter; mais comment le pourrait-il? Tandis qu'il est en bas, sur la scène, Évadné, debout au sommet escarpé du rocher, défie ses efforts. Tout d'un coup, elle prend son élan et se précipite au milieu des flammes qui enveloppent le-corps de Capanée*.

Voilà un de ces effets de spectacle (8tà vt^ç d^tw?) dont parle Aristote, non sans défaveur. Cet effet, bien qu'il ait été préparé et annoncé un peu à' l'avance *, ne résulte cependant pas de l'enchaînement des faits ni du progrès de l'action. Le sacrifice qu'Évadné fait de sa vie n'a rien de nécessaire, et n'est, dans la constitution de la pièce, qu'un épisode. Mais cet épisode est émouvant; il rompt la monotonie des plaintes et des cérémonies funèbres qui remplissent toute la seconde moitié des Suppliantes. Il faudrait un goût bien sévère pour reprocher à Euripide d'avoir, par ce hors-d' œuvre heureux et ce hardi effet de scène, soutenu l'intérêt d'un drame dont la fin sans cela eût été languissante.

Les exemples que nous venons de réunir montrent, à n'en pas douter, que le poète, aux divers moments de sa carrière, n a pas craint de choisir des fables extraordinaires et à dénouements terribles; qu'il a

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