Diog. Laërte, II, 3, 7, Cobet
4. E. Zcller, ouv. et/., II, p. 382, a réfuté dans une longue note et par des raisons dont Tenserable est convaincant; l'opinion qui fait naitrc Anaxagore yers 534 et le fait mourir en 462.
5. Ciccr. Tusc, IV, 14. Vitruv. Prsff., VIII. Tévoç EvpiTr., p. 1, 1. 10 et 3, 1. n. Suidas, EùpwcîÔïjç, etc.
et d'études. Tous deux étaient graves et d'humeur triste*. Mais Aristote a observé qu'en Grèce les hommes éminents dans la philosophie, la politique, la poésie ou les arts, ont été des mélancoliques ^ Estil donc prouvé qu'Euripide ait dû sa mélancolie à Anaxagore plutôt qu'à son génie propre? On veut aussi que rattachement mêlé d'admiration, que le philosophe aurait inspiré à son disciple, ait laissé dans les œuvres du poète des traces qu'on est très ingénieux à y découvrir. Euripide a vanté une fois le bonheur du sage, de l'homme qui, tout entier à la science, c< ne médite aucune injustice contre ses concitoyens; qui, tandis qu'il contemple l'ordre inaltérable de la nature immortelle, son origine et ses éléments, n'est envahi par aucune pensée d'actions honteuses' ». L'allusion à Anaxagore et à son système sur la formation du monde n'est pas impossible ; elle n'est point évidente. Il est plutôt permis de penser qu'Euripide, songeant au temps troublé où il vivait et faisant un retour sur lui-même, a voulu opposer la vie contemplative de l'homme d'étude à la vie active de l'homme politique, la sérénité de l'un et ses vertus aux agitations et aux misères morales de l'autre. De même, quand il dit : « Le sage demeurât-il aux extrémités du monde et ne l'eussé-je jamais vu, est pour moi un ami^ », c'est du sage idéal