Alceitty éd. Prinz, p
place d'un drame satyriqueS ne peut être acceptée sans contrôle. En ce qui concerne VOreste^ elle n est pas complètement exacte. II y a en effet, vers la fin du drame, une catastrophe, qui est le meurtre d'Hélène. Cette catastrophe dont la victime va bientôt être transportée dans TOlympe, ne nous émeut pas sans doute bien vivement; mais elle suffit pour que le dénouement ne puisse être considéré comme tout à fait joyeux. Il est vrai qu'Oreste doit épouser Hermione, et Pylade, Electre ; mais ces deux mariages, arrangés et annoncés par Apollon, sont encore dans l'avenir ; ils ne terminent point la pièce dans le présent. D'autre part, ce qui de la tragédie iVAlcesie se rapproche de la comédie ou plus exactement du drame satyrique, c'est seulement la scène bachique où figure Hercule ; ce n'est pas le dénouement, qui est merveilleux, et n'a rien de la comédie.
On peut affirmer également qu'Aristophane de Byzance commet une grave erreur quand il parait croire que la tragédie exclut les dénouements heureux. Aristote avait dit que les dénouements malheureux sont les plus conformes à l'essence de Fart tragique, ceux qui, dans les concours et sur la scène, produisent le plus d'effet ' ; il n'avait pas été jusqu'à
1. M. Weil, dans sa notice sur Oretie (Sept Tragédies {TEufnpidê^ p. 676-677), fait remarquer, entre auti'cs raisons, que les drames satyriqucs ou les pièces qui on tenaient lieu comme ÏAlcesle, étaient de pou d'étendue et n'exigeaient, pour être jouées, que le concours de deux acteurs, a Au contraire, dit-il, Oresle est une des pièces les plus longues d'Euripide, et le poète y a fait un large usage des trois acteurs, dont le règlement de la fête l'autorisait à se servir dans les tragédies proprement dites. »