LES DÉNOUEMENTS HEUREUX
jeune Phrixos. Athamas son père, le cœur déchiré, se décide comme Agamemnon à sacrifier son enfant à rintérèt commun. Phrixos est amené devant Tautel de Jupiter ; il va être immolé, quand sa mère Néphélè Tarrache aux mains du sacrificateur et le fait monter, avec Hellé, sur le bélier à la toison d'or, qui les emporte à travers les airs*. C'est également en vertu d'un miracle qulphigénie échappe à la mort. Le prêtre a saisi le glaive : il examine Tendroit de la gorge où il doit frapper, il frappe, mais la vierge a disparu : à sa place est étendue sur l'autel une biche palpitante, dont le sang coule à flots. Qu'est devenue Iphi* génie ? Elle n'est pas morte, le coup qui lui était destiné ne l'ayant pas atteinte. Puisqu'elle est vivante, où peut-elle être sinon auprès des dieux, dans la compagnie de la vierge Artémis, qui vient de manifester sa puissance avec tant d'éclat? Le dénouement de Ylphigénie à Aulù, qui devait être un dénouement triste, se change donc soudain, par l'action cachée mais sûre d'une divinité, en un dénouement heureux. « Réjouissons-nous, dit Agamemnon, du«ort de notre tille; elle habite réellement parmi les dieux ^ »
La satisfaction d' Agamemnon en cette circonstance est un sentiment mystique, trop détaché, à notre goût, de la nature et de ses affections. Les personnages d'Euripide se réjouissent plus naturellement quand ils voieùt les êtres qui leur sont chers échapper k la mort, non pour s'envoler au séjour divin, mais pour rester auprès d'eux dans l'existence terrestre.