Vie de Nicias
moque des amateurs de musique qui étaient fous des airs de notre poète et ne voulaient point en entendre d'autres*. Voici plus tard Denys d'Halicarnasse qui s'arrête à faire des observations sur la manière dont on chantait les premiers mots de la parodos de YOreste^. Voici enfin Lucien qui raconte la piquante histoire delareprésentationdel'ilm/romi^rfe à Abdère'y et qui parle de la monodie d'Hécube comme d*un morceau que chacun devait connaître pour l'avoir entendu au théâtre^. La longue vogue dont ces textes sont les indices * ne s'expliquerait pas^ si les chants qui en étaient Tobjel n'avaient eu des qualités à la fois poétiques et musicales, surtout musicales peut-être, faites pour charmer ensemble les esprits et les oreilles. Elle force également de supposer que la technique de la musique dramatique avait été poussée si loin par Euripide qu'après lui cette musique ne fut plus susceptible de changements profonds ou de progrès sensibles qui, avec le temps, en eussent fait oublier la première forme. Or, si les Grecs, en se passionnant plusieurs siècles durant pour les chants d'Euripide, ont donné tort aux railleries d'Aristophane, est-ce à nous qu'il appartient de les accuser d'avoir manqué de goût?
11 sera d ailleurs assez difficile de définir l'originalité lyrique du poète. Nous ne voulons pas parler des