‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 3 sur 341 · Vie anonyme, p. 4, 1. 3-4, Schwartz · texte numérisé non relu

Vie anonyme, p. 4, 1. 3-4, Schwartz

3. L. 65, 50. Cf. 1. 75, 60 et 77, 63. V/ilamowitz, ouv, cité, p. 4, fait justement remarquer que, do cetto façon, Euripido sorait né sous un archonte CalUas, aurait fait représenter ses premières pièces sous un second Callias, serait mort sous un troisième Cailias. Voilà un hasard bien intelligent.

4. Si Euripide était né en 485, il serait mort à TAge de 79 ans, la date de .sa mort (i06) étant considérée comme certaine. Or, cela ne concorde ni avec le témoignage d'Ératosthèno, qui fait mourir le poète dans sa soixante-quinzième année, ni avec celui de Philochore (Fie, loc, cit.), qui dit seulement qu'il était alors Agé de plus de 70 ans. Si Philochore ne précise pas TAge qu'avait Euripide quand il mourut, c'est qu'il ne connaissait pas exactement la date de sa naissance. 11 est sage do no pas prétendre savoir ce que ce critique ignorait.

5. Les deux formc!^ sont indiquées par Suidas. On ne trouve que la seconde dans Dion Chrys., Orat,, 6i, p. 59t; Eusèbe, Prjep. Ev. V, 33. C. /. G. 6051 et 6052.

du dème attique de Phlya^ : sa mère s'appelait Glito. Quelle était leur condition ?Mnésarchos, dit-on, était revendeur (xduTj^oç) ; Clito, marchande de légumes*. On serait tenté de rechercher dans Tœuvre d'Euripide les marques, s'il s'en rencontre, de cette humble origine. Mais la tradition en question vient des poètes comiques, d'Aristophane en particulier, qui ne laisse échapper aucune occasion de reprocher à Euripide « le cerfeuil d de sa mère. Or, les poètes de l'ancienne comédie ne doivent pas être confondus avec les historiens. Un écrivain sérieux, érudit, exact, qui mettait en œuvre des documents aujourd'hui perdus, Philochore, déclare que les plaisanteries des comi- . ques sur les parents d'Euripide sont des inventions malignes, et qu'en réalité la mère du poète était de bonne famille'. Malgré la distance qui sépare l'époque où a vécu ce critique de celle d'Euripide, on est disposé à en croire plutôt Philochore, qui est désintéressé, qu'Aristophane, qui ne l'est point. D'autres témoignages, sans avoir la valeur de véritables preuves, constituent du moins des présomptions favorables à l'affirmation du critique alexandrin. Euri-

i. D'après Suidas, les parents d'Euripide, bannis do leur pairie, avaient émigré en Béotie et s'étaient ensuite fixés en Attique. Nicolas de Damas (Stob., F/or., 44, il) dit que le père d'Euripide était Béotien. Traditions peu vraisemblables. Les comiques contemporains n'auraient pas manqué de faire allusion à cette origine des parents du poète.

2. Aristoph., Acfiam. 478 ; Chevaliers^ 19; Thesmopk, 387, 456; Gren, 840, et Schol. 947. A. Gell. Noct. AU., XV, 20, 1. Tous ces textes se rapportent à la mère d'Euripide. Il n'est question du père et de son métier que dans la Vie»

3. Chez Suidas, au mot Euripide, Philochore avait composé, outre un traité sur les Tragédies, une étude particulière ittpi EOpticîôou.

pide est cité, avec Pisistrate, Euclide, Aristote, parmi ceux des Grecs qui ont possédé les plus riches bibliothèques*. Une collection de livres de quelque importance ne pouvant être réunie alors qu'à très grands frais, Euripide devait appartenir à une famille aisée. Le procès A'antidosis qui lui fut intenté par un certain Hygiaenon' montre qu'il était au nombre des citoyens riches d'Athènes : or, cette richesse, qu'il ne devait pas au métier, peu lucratif pour lui, de poète tragique, lui venait de ses parents. Nous savons, d'autre part, qu'étant enfant il remplit certains ministères religieux : il fui pt/rphore d'Apollon Zostérios^; il joua le r6le d'échanson dans les fêtes, accompagnées de danses sacrées, qui se célébraient à Athènes autour du temple d'Apollon Délien*. De telles fonctions étaient incompatibles avec une basse naissance. Les parents d'Euripide n'ont donc pas été de condition aussi médiocre que le veut Aristophane. Mais il faut cependant reconnaître que les plaisanteries des comiques à ce sujet n'auraient eu aucun sél, si elles avaient été sans motif, ou du moins sans prétexte. On est ainsi réduit à conjecturer que la mère du poète exerça réellement dans sa jeunesse quelque humble métier, qu'elle abandonna ensuite, grâce à un mariage heureux.

L'éducation du jeune Euripide fut poussée très

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