‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 30 sur 341 · Fragm, 484 (Den>s d'Halic, Rkét., IX, 11; Diod · texte numérisé non relu

Fragm, 484 (Den>s d'Halic, Rkét., IX, 11; Diod

tesse^ Chez Euripide, la terre et le ciel se séparent à un moment indéterminé, on ne sait comment; chez Anaxagore, la séparation des éléments s'opère par rintervention du NoOt;, qui organise le monde et lui imprime le mouvement.

S'il est une doctrine qui soit propre à Anaxagore, c'est bien celle du Nous^ et elle présente un tel caractère d'originalité que, si Euripide eût été le fidèle disciple d' Anaxagore que nous représente la tradition, il n'eût pas manqué d'être séduit par cette haute conception et qu'on devrait en trouver chez lui l'écho. Or, -dans ce qui nous reste d'Euripide, il n'y a que deux passages où le mot NoOç soit employé philosophiquement. Dans l'un, il s'agit de l'intelligence considérée comme un élément divin de Tètre humain *. L'autre est un passage des Troyennes où Hécube, ne sachant comment nommer la puissance mystérieuse qui mène les choses humaines, se demande s'il faut l'appeler Jupiter et s'il faut voir en lui la force de la nécessité qui règne dans la nature, ou la force de l'intelligence qui est l'attribut de l'homme '. L'identité de Jupiter et de l'intelligence n'est donc ici qu'une hypothèse proposée avec d'autres. L'esprit du poète, ce que nous ignorons, inclinât-il de ce côté, nous serions encore loin de la théorie du NoOç, lequel n'a point été confondu par Anaxagore avec le maître des dieux. On peut donc dire que, chez Euripide, il n'y a pas de traces de cette théorie qui, dans le système

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