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d'Anaxagore, est capitale. Si quelqu'un à cette époque a exprimé la pure doctrine du philosophe ionien, ce n'est pas Euripide, c'est Critias, dans les beaux vers du Pirithoos^ qui sont un hymne en l'honneur du Nousy « cet être qui existe par lui-même, qui, dans le mouvement circulaire de Téther, a combiné la nature de tous les êtres; lui qu'enveloppent la lumière et la sombre nuit éclairée par les étoiles, autour duquel accomplit son éternelle révolution l'innombrable chœur des astres *. »
Rien de pareil chez Euripide. Mais, sur d'autres points moins importants, il semble reproduire exactement la pensée d'Anaxagore : c'est quand il dit que rien ne meurt, que les éléments des corps ne périssent pas, qu'ils se dissolvent seulement et se transforment'; c'est encore quand il fait soutenir à Mélanippe que, dans la nature, il n'y a point de prodige ^ Si donc Euripide n'a pas adopté la doctrine entière d'Anaxagore, s'il s'en est quelquefois séparé ouverte-
i. Lf6 Pirilhoos est, il est vrai, souvent cité comme étant d'Euripide; mais, des Tantiquité, on ne savait s*il fallait l'attribuer à Euripide ou à Critias (Athcn., XI, p. 496 b). On le rangeait même formellement, ayec le Tennès et le Rhadatnanthe, parmi les drames apocryphes (Vie, Schwartz, p. 3, 1. 2). Les fragments qui nous en restent justiQcnt ces soupçons. Des raisons de langue et de métrique paraissent s'opposer à ce que ces fragments soient attribués à Euripide. Voir Wilamowitz-Mœllendorflf, Analecta Euripidea, p. 162. Bergk, Grieck. Liter,, III, p. 612, suppose que le Pirithoos était de Critias, mais qu'il a été représenté sous le nom d'Euripide.