I. Vers
même si la division des voix en deux parties n'était indiquée par les manuscrits, il serait impossible de ne Vy point reconnaître. Les deux strophes iambiques de ce morceau^ au lieu de se développer dans leur continuité habituelle, sont en effet morcelées, par vers isolés ou par cinq vers au plus, entre deux groupes de voix, peut-être même seulement entre deux voix (celles des chefs des demi-chœurs), qui expriment des sentiments opposés, la confiance et l'inquiétude, et dont Tune répond aux questions posées par Tautre. C'est donc un vrai dialogue lyrique*. — Une irrégularité plus étonnante se rencontre dans YOreste où, à la place de Tun des stasima, on trouve un morceau d'une nature toute différente*, qui est un dialogue entre Electre et les demi-chœurs. L'année précédente, Sophocle, dans son Philoctète, avait de même remplacé deux stasima par deux commoi^ Vers la fin du cinquième siècle, les poètes tragiques usaient donc de la plus grande liberté pour la distribution de la partie lyrique de leurs pièces, et il ne leur était pas interdit de donner au chœur un caractère plus dramatique en substituant quelquefois aux stasima d'usage des morceaux plus vifs et d'une exécution plus animée.
Ce sont là des faits exceptionnels. Presque tou-
1. La division est moins évidente pour la strophe et l'antistrophe du deuxième stasimon de 17on. Elle semble cependant ressortir du ton interrogatif de ce morceau, de Tappel que les femmes du chœur s'adressent les unes aux autres (v. 695), de l'emploi du mètre dochmiaque, si rare dans ce genre de chanta.