‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 329 sur 341 · Plut. Mor., 733, a · texte numérisé non relu

Plut. Mor., 733, a

service un chef de chœur, Télestès, qui était à la fois un tel maître de ballet et un tel pantomime qu'à la représentation des Sept contre Thèbes^ il sut, dit-on, par les mouvements de son corps et de ses mains, rendre sensibles tous les événements et toutes les émotions du drame'. Euripide, dans ses monodies Cretoises, ne fait donc que reprendre une tradition de Tart plus ancien ; seulement, il enrichit la scène aux dépens de Torchestre. Chez lui, Thomme habile, Tartiste merveilleux doué de tous les talents, qui sait à la fois déclamer, chanter, danser et mimer, n'est plus le coryphée ; c'est un acteur.

Celui qui jouait le personnage de Jocaste des Phéniciennes devait pouvoir suffire à cette fonction multiple. Dans son bonheur de revoir Polynice après une longue absence, Jocaste se livre à l'effusion d'une tendresse émue : elle chante, et elle accompagne son chant de pas et de gestes expressifs. « Que te dirai-je? Comment pourrai*je, par mes mains et par mes paroles, par l'éclat d'une joie qui me fait courir çà et là, qui me fait tourner et danser autour de toi, exprimer complètement un plaisir dont j'étais depuis si longtemps privé'. » La danse n'est pas indiquée, comme elle Test ici', dans toutes les monodies d'Euripide ; mais il est difficile de ne pas la supposer pour la célèbre monodie du Phrygien d'Oreste où tous les criliques s'accordent à reconnaître^ que la mi-

1. Athénée, I, p. 21 f. 22 a. Cf. Sommerbrodt, ScMnica, p. 219.

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