‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 336 sur 341 · LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

LA MUSIQUE

leur; les élans et les troubles de Tenthousiasme. Mais, comme si elle avait à s'excuser de ce mélange d'éléments barbares qui avait altéré sa pureté native, elle n'oubliait pas Torigine de ces tons nouveaux dont elle s'enrichissait; elle affectait au contraire de la rappeler en toute occasion. Le chœur des Perses a soin d'avei'tir qu'il va faire entendre les chants plaintifs des <( pleureurs Mariandyniens * »• Dans VOmphaley drame satyrique d'Ion de Ghios contemporain d'Euripide, les femmes lydiennes qui composaient le chœur entonnaient « de vieux airs nationaux' ». L'esclave de YOreste, nous l'avons vu, veut qu'on sache qu'il chante sur le nome àpfiuiTeioç qui, des vallées de l'Olympe bithynien, avait pénétré en Grèce. Faut-il s'étonner qu'Euripide, à l'exemple d'Eschyle, fasse ce qu'Aristophane lui reproche, des emprunts à la musique barbare, qu'en particulier il reproduise des airs de flûte carions, si ces airs étaient ceux dont le caractère douloureux convenait le mieux' à l'expression de la plainte et du désespoir? Qui pourrait être surpris encore que la musique des Bacchantes^ avec son accompagnement, ne soit pas purement grecque? « Prenez vos tambourins, dit Dionysos aux choreutes, et faites-les retentir autour du palais de Penthée *. » Le poète veut attirer Tattention sur cet instrument; car Tune des strophes de

1. 936. Plus loin, t. 1054, Xercès demande au chœur de chanter « l'hymne Mysien », initoSi to M\5atov.

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