Médée, 842. Fragm
du Banquet de Platon ^ ? Or, comme la théorie platonicienne de Tamour a sa source dans renseignement socratique, on soutiendra, si l'on veut, qu'Euripide s'est fait, en cela, l'écho des entretiens de Socrate. On ne saurait d'ailleurs rien affirmer, puisque les textes que nous venons de rappeler, appartenant à la Médée et au Dictys^ remontent à une date ' où, vrai* semblablement, Socrate était encore sans influence, et qu'Euripide, qui, par génie et par étude, connaissait si bien l'âme humaine, avait pu arriver de luimême et sans l'inspiration d'autrui à cette distinction des deux amours '.
Une chose moins douteuse, c'est que certaines maximes d'Euripide sont en contradiction absolue avec les idées les plus essentielles de Socrate. Le philosophe, dit-on, assistait un jour à la représentation d'Electre : quand il entendit Oreste soutenir qu'aucun signe certain ne permet de reconnaître l'homme de cœur et que « le plus sage est d'abandonner au hasard les jugements sur la vertu », il se leva de sa place et sortit du théâtre \ Cette désapprobation publique, éclatante, infligée à Euripide par Socrate, peut n'être qu'un conte inventé à plaisir: ce conte n*en témoigne pas moins qu'Euripide ne passait pas toujours aux yeux des Grecs pour un prédicateur