Philoch. ap. Diog. L., IX
5. Fragm. \ 9, Nauck. Ce vers, parodié par Aristophane {Gren., 1475), a été souvent i-eproché à Euripide. Plut. Afor., p. 33 c. Stob. FloriL, y, 82. Athen. XIII, p. 582 d.
principe découle encore cette déclaration d'Etéocle, dans les Phéniciennes, que les hommes attachent aux mêmes mots des idées diflFérentes, qu'ils ne s'entendent pas sur ce qu'ils appellent le beau et le bien*. A l'exemple enfin de Protagoras^ un autre personnage affirmait que « l'homme habile dans l'art de la parole sait tirer de toute chose matière à deux discours contradictoires » '.
Euripide n'est point cependant un admirateur zélé de la rhétorique des sophistes. Une seule fois, il semble la recommander. « Nous nous donnons beaucoup de peine, dit Hécube, pour rechercher les autres connaissances ; et la persuasion, qui est la vraie reine du monde, nous ne travaillons pas à en acquérir les secrets, et nous ne payons pas de maîtres pour apprendre à persuader et à obtenir ce que nous voulons'! » Cette sorte de réclame en faveur des nouveaux maîtres de la jeunesse ne doit pas être prise trop au sérieux. Si Ton prétendait y trouver l'expression sincère de la pensée du poète, on risquerait de se tromper ; car il est facile de le mettre, sur ce point, en contradiction avec lui-même, et dans la même pièce. C'est dans V Hécube en effet que nous Usons : « Quand un homme a fait le mal, ses discours devraient être faibles et ne jamais réussir à rendre l'injustice éloquente. Ils sont bien habiles assuré-
1. Phéniciennes^ 499 et saiv. Remarquons d'ailleurs que le poète ne prend pas cette réflexion à son compte : il la place dans la bouche d'Étéocle, qui plaide une mauvaise cause, et il fait ensuite condamner Étéocle par le chœur et par Polynice.