‹ Euripide et l'esprit de son théatreChapitre 42 sur 341 · SuppL · texte numérisé non relu

SuppL

3. Vers 427-428. Cf. 456 ; xa\ taOta pièv ôy; itpb; Td8' è(T)x6vTt<ra.

délicat et d'humeur douce, n'a de goût que pour la musique et la vie de Tesprit. Ce contraste était mis en relief dans une scène célèbre, où chacun des deux frères, en plaidant pour son caractère propre et ses occupations favorites, cherchait à convaincre l'autre qu'il employait mal sa vie. « Tu négliges, disait Zéthos à Amphion, ce qui devrait être ton premier soin. Quand la nature t'a doué d'une ftme virile, tu affectes de ressembler à une femme '. » — « Un homme favorisé de la fortune, qui abandonne ses affaires, et, tout entier au charme de la musique, n'a point d'autre souci, sera un membre inutile de la famille et de l'État". » Et encore : « Suis mes conseils, mon frère. Fais taire tes chants, pour servir la muse des combats. Si tu veux mériter le nom d*homme sensé, voici la musique à laquelle tu dois Rappliquer : bêcher, labourer la terre, conduire les troupeaux. Laisse à d'autres ces raffinements ingénieux dont tu ne tireras d'autre bénéfice que le dénuement de ta maison '. » Amphion lui répondait : « Tu me reproches d'être faible de corps et délicat comme une femme : tu as tort. Si j'ai l'esprit vigoureux, c'est là une puissance bien supérieure à celle de la force du bras *. »

Deux thèses étaient ainsi en présence. Les avantages de la vie contemplative et de la culture intellec-

i. Antiope, fragm. 185.

Page 1