Fragm
propager, aura besoin de la voix des poètes. Les plus pieux d'entre eux seront les plus disposés à signaler Tabsurdité ou Timmoralité de certaines légendes divines. Pindare a congu la divinité comme si noble et si supérieure à l'humanité qu'il éprouve d'invincibles répugnances à lui attribuer des actes qui l'amoindrisssnt ou qui la déshonorent. Le festin de Tantale lui fait horreur ; il est résolu à n'y pas croire *. i< L'homme ne doit dire au sujet des dieux que des choses belles », telle est sa règle*, et cette règle lui permet d'écarter de sa route plus d'une fâcheuse histoire. Il fait d'ailleurs remarquer, avec une liberté d'appréciation qui est déjà de la critique, que beaucoup de fables ont des versions différentes, qu'il en est qui sont de brillants mensonges, et que les enchantements de la poésie ont seuls pu rendre croyable l'invraisemblable'. Eschyle n'accepte pas non plus à l'aveugle toutes les traditions légendaires. Quand Apollon chez lui plaide la cause d'Oreste, en disant que Jupiter considère le meurtre du père comme plus grave que celui de la mère, les Euménides lui répondent que Jupiter est en contradiction avec luimême , car il a chargé de chaînes son vieux père Cronos*. Eschyle n'hésite donc pas à faire ressortir ce que la légende de Cronos vaincu et détrôné par son fils a de contraire aux lois naturelles de la famille. 11 ne craint pas davantage de modifier quelquefois les